Le Chevalier aboyeur est un limicole de taille moyenne, mais c’est le plus grand des six
chevaliers du genre Tringa rencontrés régulièrement en Europe occidentale. Les deux sexes sont
identiques et les juvéniles sont très semblables aux adultes en plumage internuptial. Seules leur
face plus blanche et la teinte plus brunâtre des couvertures peuvent permettre de les distinguer.
Comportement et reproduction:
Le Chevalier aboyeur chasse à vue, sur la vase et surtout dans l’eau peu profonde, en marchant d’un pas rapide ou même en courant le cou penché en avant, le bec grand ouvert pour capturer
les proies les plus vives. Son activité est essentiellement diurne avec de longues phases de repos
en milieu de journée. Bien que parfois ccompagnée d’autres limicoles, c’est une espèce plutôt
indépendante, observée seule ou en petits groupes n’excédant que rarement quelques dizaines
d’individus.
Le Chevalier aboyeur est un migrateur à part entière dont les déplacements sont principalement
nocturnes.
La migration postnuptiale débute fin juin-début juillet par le départ des adultes, ulmine en août
et septembre et décline jusqu’à fin octobre laissant encore quelques attardés en novembre.
La migration prénuptiale, plus concentrée dans le temps, est sensible dès fin mars-début avril.
Elle atteint sa plus forte amplitude entre la mi-avril et la mi-mai, puis décline rapidement au
cours de ce dernier mois.
Espèce paléarctique, le Chevalier aboyeur habite tout le Nord de l’Eurasie, de l’Ecosse à la
Sibérie orientale, essentiellement entre 50° et 70° Nord. Les oiseaux de l’Ouest de l’Europe
hivernent principalement sur le continent africain, des côtes d’Afrique du Nord jusqu’au Cap, et
pour une petite partie dans les Iles Britanniques et sur les côtes atlantiques. Ceux du Nord de
l’Asie hivernent en Asie méridionale, du Golfe Persique au Japon ainsi qu’en Nouvelle-Guinée
et en Australie.
Le Chevalier aboyeur ne niche pas en France. C’est un migrateur régulier à travers tout le pays
et il peut donc être rencontré en halte migratoire partout où il trouve des milieux favorables,
avec cependant une prédilection pour le littoral.
Le Chevalier aboyeur est une espèce monogame et territoriale, apte à se reproduire à l’âge de
deux ans. La ponte, généralement de 4 oeufs, est déposée au sol entre fin avril et début juin dans
une cuvette sommaire garnie de végétaux divers. L’incubation est assurée par les deux
partenaires et l’éclosion intervient après 23 à 25 jours. Les poussins, nidifuges, sont aptes au
vol au bout de 4 semaines et émancipés peu de temps après. Les pontes détruites peuvent être
remplacées mais chaque couple n’élève, au plus, qu’une nichée annuelle. Très peu
d’informations sont disponibles concernant le succès de reproduction et le taux de survie chez
cette espèce.
Alimentation
En toutes saisons, le Chevalier aboyeur se nourrit d’une grande variété d’invertébrés aquatiques
comprenant des insectes et leurs larves (coléoptères, hémiptères, diptères, tricoptères, lépidoptères,
odonates), des crustacés (crabes, crevettes, gammares, balanes), des mollusques (planorbes,
littorines, hydrobies) et des vers polychètes (néréides). Des vertébrés comme les batraciens
(adultes et larves) et surtout les poissons sont localement des proies régulières.
Sur les sites de reproduction écossais, les insectes, et particulièrement les coléoptères (Chrysomelidae), constituent la plus grande part de son régime alimentaire.