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vendredi 14 novembre 2014
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jeanmi43s
  • jeanmi43s histoires de chasse
    Il y a 1 mois

    La situation était des plus critiques, car partout c'était la mort en perspective. En brave, qui n'ignore pas que c'en est fait de lui, mais qui du moins veut lutter jusqu'au bout et vendre chèrement sa vie, le sanglier vint s'adosser contre le mur et fit tête à la meute grouillante et mordante qui en un instant l'assaillit de tous cotés, cherchant à le saisir aux écoutes.
    Raidissant ses membres puissants et se secouant de droite et de gauche, le ragot se débarrassa de la grappe dévorante qui lui tenaillait la chair, puis, comme la foudre, tombant au milieu des chiens,

    jeanmi43s il décousit en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, trois des plus mordants, puis, de nouveau vint s'acculer au mur. L'œil en feu, les soies hérissées, le ragot était vraiment superbe d'attitude à cette heure, et bien que blessé déjà et perdant son sang en abondance, il semblait de taille et de force à continuer longtemps encore la lutte.
    La brisée, qui mieux que tout autre le comprenait, avait saisi sa carabine et il épaulait déjà prêt à faire feu, quand Matador, bien que blessé lui même, s'élança sur le sanglier et le saisissant à l'écoute de gauche, s'y cramponna si bien que ce dernier malgré tous ses efforts, ne put parvenir à se débarrasser de son étreinte.
    Alors commença une lutte épique: les chiens acharnés à sa perte lui infligeaient les plus terribles morsures; lui de son coté ripostait vaillamment en frappant à droite et à gauche et à chaque coup répondait un hurlement plaintif, tandis que l'un des chiens roulait le flanc ouvert, les intestins pendant sur le sol.
    Mis dans l'impossibilité de tirer dans la crainte de blesser les chiens, La Brisée allait se décider à servir l'animal au couteau de chasse, quand ce dernier, tiraillait en tous sens, réduit aux abois, et se sentant à bout de forces, parvint par un dernier effort, à gagner la tourbière et se précipita tête baissée dans l'abîme entrainant avec lui ses plus mortels ennemis.
    "Tonnerre de Brest!" s'écria le piqueur en se précipitant à bas de son cheval pour se porter au secours des chiens.
    Il était trop tard hélas! le sanglier, poursuivant son œuvre vengeresse, s'était éloigné du bord et se trouvait hors de portée, il enfonçait peu à peu, et son petit œil perçant, lançait des éclairs en fixant la rive, sur laquelle restaient immobiles les témoins de cette scène étrange.
    Quelques instants plus tard, tout était terminé, les victimes avaient disparu à jamais, et la tourbière avait repris son allure endormie.
    Le retour fut triste; ne venions nous pas de perdre nos meilleurs chiens de tête. C'est égal, c'était un brave que ce ragot, et il est mort au champ d'honneur!

    (C.d'Amezeuil.1883)
    Il y a 1 mois
  • jeanmi43s histoires de chasse
    l y a "5 mois

    Côme les regardait avec orgueil, avec amour, avec une tendresse égale à celle que leur portait Mathieu.
    Cent vingt trois, sans un bâtard, sans un faiblard! la plus belle meute de France à coup sûr!
    Il y avait d'abord, dans le chenil principal, la meute pour le cerf et pour le chevreuil. Ils étaient soixante-sept, descendant d'un mâle d'Angleterre et d'une lice de Lorraine, douze limiers pour la quête, puis quarante chiens et chiennes formant "le cœur de meute". Les quinze autres étaient le renfort, les blessés ou les jeunes, les vieux qu'on gardait pour les relais, les nouveaux trop ardents.

    jeanmi43s Dans le second chenil se trouvait la meute pour le lièvre. Les chiens ici étaient de même race que les premiers, mais ils avaient été choisis, sélectionnés, pour cette chasse particulière à laquelle on les réservait. Quarante et une bêtes la formait. Peu de limiers-neufs-(les Lambrefaults n'avaient pas pour coutume de donner le lièvre autrement qu'à la meute toute entière), vingt cinq courants, mâles et femelles(en ne comptant pas les jeunes), formant le plus étonnant orchestre qu'on put rêver dans lequel chacun avait sa partie: chiens vites et chiens réfléchis, chiens de haut nez et chiens subtils aux doubles, chiens de chemin et chiens de bruyère, dont aucun n'était coupeur ou balanceur, mais prompts au retours, vifs à la vue, froids à la quête, brûlants aux neiges, impétueux à la poudre, certains aux eaux, et tous juste aux voies, point menteurs ni désordonnés, mais tenant leur place chacun comme un instrument dans un ensemble, les uns pour la mélodie, les autres pour l'accompagnement: violons, bois, contrebasses, cuivres, unis dans un cœur à quarante voix mais à une seule note, grave ou aiguë et cependant toujours la même, conduisant à la même conclusion orchestrale, au même but, au point d'orgue final de la mort.
    Le troisième chenil contenait les chiens destinés à chasser le noir, c'est à dire le sanglier et les bêtes fauves. C'étaient des animaux de la même race, mais ils étaient plus lourds, plus solides encore si cela était possible, plus tenaces, vigoureux de la harpe, bien avalée entre les jambes de devant et se relevant en rotondité pour remonter vers les flancs entre les os des hanches larges de quatre doigts , signe de grande force, ce qui leur permettait de chasser quatorze heures sans fléchir et, si le jour tombait trop tôt, de reprendre le lendemain la chasse où ils l'avaient laissée. Il n'y en avait que quinze, mais capables de suivre et de conclure.

    Paul Vialar(1943)
    l y a "5 mois
  • jeanmi43s histoires de chasse
    l y a "6 mois

    Un paysan breton était à l'affut, bien caché dans un fossé couvert de broussailles. Survient un sanglier à dix pas; il tire: chasseur et sanglier roulent sur l'herbe, étendus chacun de son coté.
    Survient un de mes amis qui m'a raconté le fait: il avait vu la chose de loin, avait entendu la détonation d'une pièce de 4, fort surprit de ne voir ni chasseur ni gibier, il était accouru sur le champ de bataille. Entendant des gémissements, il s'approche et trouve le paysan dans un état affreux: il vomissait des flots de sang, où se trouvaient une douzaine de dents avec des fragments de...

    jeanmi43s Et comment diable avez vous chargé votre fusil pour qu'il vous ait mis dans cet état ?
    Mais je l'ai chargé comme à l'ordinaire; je crois cependant que je l'ai trop bourré, car il m'a souffleté un peu.
    Un peu...diable! Cela me parait beaucoup.
    Oui c'est plus que de coutume.
    Et qu'aviez vous mis dans le canon ?
    Quatre charges de poudre, huit balles, trois charges de plomb et une dent de fourche.
    Le sanglier était raide mort à dix pas; avouez qu'on mourrait à moins, même lorsqu'on est sanglier.

    Adolphe d'Houdetot (1847)
    l y a "6 mois
  • jeanmi43s histoires de chasse
    l y a "7 mois

    Chapelle, le fameux chasseur de chamois, dont on racontait aux veillées d'hiver de toutes les cabanes pyrénéennes les exploits hardis, vient de mourir dans sa petite maison de la vallée de Heas. Il y a quelque temps, un jeune homme qui chassait avec lui, laissant gauchement traîner son fusil par terre, lui logea dans la cuisse une charge de vingt six chevrotines.
    C'est aux suites de cette blessure que Chapelle a succombé.
    Chapelle chassait les ours et le chamois depuis plus d'un demi-siècle. Dans cette dernière chasse, il avait acquis une telle habileté que, couvert d'une peau de chamois,

    jeanmi43s il se glissait, dit on, au milieu de ces animaux si ombrageux et si timides pourtant, et, en saisissant un par les cornes, il le ramenait vivant. Ce fait nous est affirmé par un des compagnons de chasse de Chapelle, le comte Henri Russel. Le vieux chasseur a été enterré au petit cimetière de Heas, non loin de ces neiges éternelles de la Munia, où si souvent il avait suivi les traces profondes des grands ours et écouté sans frémir le roulement sourd et prolongé des avalanches.

    Pyrénées.1874
    l y a "7 mois
  • jeanmi43s histoires de chasse
    l y a "10 mois

    Les beaux noms ne s'inventent pas. L'auberge de la Croix de la Bruyère était jadis le seul endroit un peu animé de Hévremont, hameau perdu dans les bois entre Stembert et Goé, à l'est d'une petite rivière qui allait devenir célèbre, la Gileppe.

    Au temps où les ducs de Limbourg régnaient encore sur la région, le Val Sainte-Anne, non loin de Stembert, était placé sous deux bénédictions. L'une, catholique, était celle des ermites du modeste oratoire portant le nom de la mère de la Vierge. L'autre était plus incertaine, bien que charmante. C'était celle des nutons vivant dans la grotte de la...

    jeanmi43s On les aimait bien. Comment en aurait-il été autrement? Ils étaient serviables, discrets, réparaient les chaudrons, confectionnaient des chaussures fines, plus fines que celles des meilleurs cordonniers.

    Tout alla bien jusqu'au moment où plusieurs vols furent commis en quelques semaines dans des fermes isolées de Hévremont. Les villageois, inquiets, décidés à mettre fin à ces rapines, se réunirent à l'auberge de la Croix de la Bruyère. On soupçonna les bandes de mercenaires étrangers déserteurs, gens de sac et de corde, que les guerres avaient lâchés aux frontières.

    Un jeune fermier de Hévremont, Jean de Halleur, n'y croyait pas :
    — Je suis sûr que ce sont les sottais du Val Sainte-Anne. Ces petits bougres rabougris ne m'ont jamais inspiré confiance, dit-il d'un ton catégorique qui impressionna.
    On discuta. Ce garçon énergique et dur finit par convaincre la plupart des villageois. Plusieurs restaient indécis. L'aubergiste ne disait rien, mais il se méfiait de Jean de Halleur.

    Il avait hérité d'une des plus pauvres fermes de la région, en lisière des bois de la Louveterie. Pourtant il n'y manquait de rien. Il se payait même les services de deux valets au regard faux comme le sien, et, comme lui, brusques et grossiers. On ignorait d'ailleurs où il avait recruté ces deux gaillards, ni à quoi il les employait. A eux trois, ils faisaient peur. C'est sans doute ce qui finit par entraîner l'accord de plusieurs hésitants. Sous la conduite de Jean de Halleur et de ses deux lascars, une dizaine de villageois se rendirent le lendemain soir au Val Sainte-Anne. Tous portaient des gerbes de paille. Ils s'en servirent pour allumer un énorme feu, à l'entrée de la grotte des nutons, et ils y jetèrent des branches mortes.

    Les flammes et la fumée, aspirées par un courant d'air, s'engouffrèrent dans la Chantoire. Tout le village fut certain que ce forfait avait coûté la vie aux maniquets, et beaucoup le regrettèrent, sans oser le dire. Un seul homme savait que les sottais n'avaient point péri, c'était Lambert, l'aubergiste, mais il se gardait bien de le dire, même à sa femme. Sait-on jamais?

    Il ne croyait pas un mot de ce que disait Jean de Halleur. Il le soupçonnait — à juste titre — de détourner, sur les nutons, la vengeance des méfaits qu'il avait commis avec ses deux sbires. Aussi, le patron de l'auberge avait-il, en secret, averti les nutons, qui se sauvèrent à temps, et trouvèrent en Allemagne un gîte plus accueillant que celui du Val Sainte-Anne. Comme les rapines avaient subitement cessé dans la région, les sceptiques finirent par croire que Jean de Halleur, avait raison.

    Lambert devait emporter son secret dans la tombe, car il mourut à la fin de l'hiver, laissant une veuve et trois jeunes enfants.
    Aux premiers jours du printemps, un étranger d'assez noble allure, vint loger à l'auberge de la Croix de la Bruyère. Son visage intelligent et fin, son regard perçant de vieux sage, et son maintien digne et fier, imposaient le respect, faisant oublier sa petite taille. Sous sa cape brune, d'une sorte de bure au poil rude, on voyait luire l'or patiné des brandebourgs d'une tunique ressemblant à celle des officiers de dragons.

    Peu disert sur son origine, le voyageur inspirait néanmoins confiance, malgré son parler bizarre, un « sabir » mélangeant du wallon, de l'allemand, du latin, du français et on ne sait quoi d'autre. Tout ce qu'on put apprendre de lui, c'est qu'il disait voyager pour affaires, envoyé par un seigneur de la vallée du Rhin. Sur l'Allemagne, il racontait des choses étonnantes. Il disait qu'à Cologne, on construisait une cathédrale qui devait devenir la plus belle du monde, mais des sorts contraires en interrompaient les travaux. Il parlait de la sirène blonde qui attirait la nuit, près de Bacharach, les bateliers du Rhin, qui allaient se fracasser sur les rochers.

    Ses propos intéressaient les villageois, qui vivaient loin de tout.
    — Je me plais bien chez vous, dit-il, à la veuve de Lambert. Je reviendrai.
    Et il laissa, en partant, des cadeaux pour les enfants, et plusieurs thalers en or. On les découvrit dans sa chambre, après son départ, posés sur un morceau de papier où il avait écrit un seul mot, en écriture gothique : « merci ».

    La patronne ne savait pas ce qui lui valait de telles largesses, mais, au bord de la misère depuis la mort de son mari, elle ne se posa pas trop de questions et accueillit l'aubaine. Le voyageur tint parole. Plusieurs fois par an, ses mystérieuses missions l'amenaient à faire étape à Hévremont, à l'auberge de la Croix de la Bruyère. Chaque fois aussi généreux, il en était le bon génie, témoignant à la patronne des égards dont elle ignorait la cause. Et quand il était de passage, les villageois venaient faire la veillée à l'auberge pour écouter les récits de cet étranger énigmatique, mais attirant.

    Chose naturelle dans un petit village où les événements sont rares, les langues allaient bon train. Était-il un seigneur se cachant sous une identité fictive pour accomplir des missions secrètes? D'autres voyaient plutôt en lui un magicien de la bonne espèce. De fait, il était bienfaisant. Depuis qu'il venait à l'auberge, celle-ci prospérait. Vous savez comme sont les gens! Ils voient vite une histoire galante sous n'importe quoi. Mais l'attitude toujours déférente et discrète du personnage à l'égard de la veuve Lambert, et son sérieux, son comportement de philosophe écartaient de tels soupçons. Si quelqu'un recherchait — et sans discrétion celui-là — la patronne de l'auberge, c'était Jean de Halleur, dont elle repoussait les assiduités. Comme son défunt mari, elle avait une aversion pour lui.

    Les choses en étaient là, lorsqu'un soir, un des enfants Lambert s'égara dans le bois de la Louveterie. Comme l'obscurité tombait plus vite qu'ailleurs sous les épais feuillages, le gamin prit peur et appela à l'aide. Mais qui pouvait bien venir à son secours dans cette solitude ?

    L'enfant n'attendit pas longtemps. Un homme de petite taille, ressemblant à un charbonnier , sortit d'un buisson tout proche. L'enfant sursauta.
    Dans la nuit, il ne voyait qu'une silhouette confuse. Mais, à l'instant, quelque chose lui faisait sentir qu'il pouvait avoir confiance.

    Doucement, le charbonnier le prit par la main. Pierre en sentait la peau sèche, ridée, mais tiède. En silence, l'inconnu le mena jusqu'à l'orée du bois, en vue de l'auberge. Là, un instant avant que l'homme ne disparaisse, aussi subitement qu'il était apparu, le gamin eut le temps de l'entrevoir à la lueur de la lune voilée.
    — Je l'ai déjà vu quelque part, se dit-il. Il me rappelle quelqu'un. Mais qui ?
    Le surlendemain, le généreux voyageur d'Allemagne était à nouveau de passage à l'auberge. Pierre comprit. C'était le charbonnier, son guide muet de l'autre nuit. Il fut si saisi qu'il n'en dit rien sur le moment. Il n'en parla à sa mère qu'après le départ de l'étranger.

    Ce que tu me dis ne m'étonne pas. Je pensais bien que le voyageur était un petit homme des bois. Peut-être le chef des sottais qu'on a chassés de leur grotte du Val Sainte-Anne. Je ne sais comment, malgré le feu, ils ne sont pas morts. Quand nos voisins ont osé s'aventurer dans la Chantoire, ils n'ont trouvé aucun cadavre de nuton, aucun outil. Ces petits malins savaient ce qui se préparait, et ils se sont enfuis. Mais comment ont-ils deviné? Ou qui les a prévenus? Et pourquoi leur chef vient-il si souvent ici? Et pourquoi nous comble-t-il de bienfaits ?

    La veuve de Lambert se doutait de la réponse, et du rôle que son époux avait joué dans la fuite et le salut des maniquets. Mais elle sentait bien qu'il ne fallait rien dire.
    Le mois suivant, Jean de Halleur lui demanda formellement de l'épouser. Il insista, tempêta, mais ce fut en vain. La veuve Lambert parvint à le décourager sans se fâcher. Elle avait l'impression que quelqu'un lui dictait les paroles de ses réponses. C'était comme si la voix tranquille du voyageur murmurait dans sa tête.

    Il revint d'ailleurs à l'auberge quelques jours plus tard, le lendemain d'un incendie qui avait détruit la plus belle ferme de Hévremont. Comme à chaque passage de l'étranger, tous les hommes du village venaient l'écouter. Malgré le refus qu'il venait d'essuyer, Jean de Halleur était là aussi, mais ce n'était pas pour le plaisir d'écouter des récits des pays du Rhin. Jaloux, il attribuait à l'étranger son échec auprès de la veuve Lambert. Et comme on parlait du récent incendie, il déclara d'une voix tranquille, en regardant fixement le petit voyageur :
    — Le soir de l'incendie, je revenais de Limbourg, et j'ai vu s'enfuir un homme de petite taille. Il y a souvent des petits hommes dans les incendies. On dirait qu'ils veulent se venger.
    — Et toi, en racontant ce mensonge, ne veux-tu te venger de rien? lui demanda le visiteur, sans perdre son sang-froid.
    Malgré son aplomb, Jean de Halleur rougit et se tut. Mais son interlocuteur quitta l'auberge plus tôt qu'à son habitude, écourtant la soirée. Il avait senti que les insinuations de Jean de Halleur trouvaient des échos dans l'assistance. Il partit, glissant dans la main du jeune Pierre un écrin de bois rougeâtre, rempli de pièces d'or.

    On ne le revit plus jamais à Hévremont. Mais, une nuit de cet hiver-là, quand il gelait à pierre fendre et que tous les ruisseaux étaient gelés, le feu prit à la ferme de Jean de Halleur. Réveillés les premiers par le crépitement des flammes, ses deux brigands de valets furent épouvantés: des dizaines de petits bonshommes en capuchon dansaient, en brandissant des torches autour de tas de fagots en feu qui brûlaient au bord des murs de torchis de la ferme. Jean de Halleur et un des deux larrons périrent dans les flammes. Un seul parvint à s'échapper, et les nutons le laissèrent passer. Il aperçut un peu en retrait, sur une roche, un sottai plus grand que les autres, un cercle d'or autour du front et qui leur donnait des ordres. C'était le voyageur.

    Cet incendie, le seul dont les maniquets étaient responsables, débarrassa la région d'un brigand malin, mais moins qu'eux.

    Ces événements, quand on les comprit bien dans le village rendu à la paix, mais privé de magie, avec le départ définitif des sottais, confirmèrent ce que les anciens disaient : « Les nutons sont bienveillants, ils sont patients, ils ne se fâchent pas vite. Mais lorsqu'ils se vengent, ils sont terribles. »


    Accueil --> Légendes des quatre Ardennes --> L'auberge de la Croix de la Bruyère.
    l y a "10 mois
  • jeanmi43s histoires de chasse
    Il y a 1 an

    Le sanglier avait choisi son terrain avec stratégie et habileté; l'instinct d'un animal est développé par le danger et la conservation de sa vie lui suggère des ruses qui souvent déjouent les talents des humains les plus malins. Regardez le lièvre, par exemple, rentrant à son gite au point du jour; quels sauts, quels détours il fait pour éviter d'être découvert; et quand il est chassé, quels merveilleux tours et retours, doubles voies, il fait; il court et puis se tapit soudain et souvent met en défaut le piqueur le plus astucieux, les chiens les plus fins du nez ,

    jeanmi43s Regardez les ruses d'un daim sur ses fins: il se met à l'eau et s'enfonce jusqu'à l'extrémité de ses bois, ses narines seuls émergeant, et il restera de la sorte comme un crocodile pendant un temps considérable; il ne laissera pas une feuille ou une branche le toucher, car cela pourrai déceler son odeur et sa présence. le renard aussi est signalé comme ayant employé ce moyen, en plus des autres ruses improvisées dans les moments de détresse.

    (EWL DAVIES 1912)
    Il y a 1 an
  • jeanmi43s histoires de chasse
    Il y a 2 ans

    Quand la réalité dépasse tout ce qu'on peut imaginer.

    Le tribunal de Blois jugeait le 28 Avril dernier une bien triste affaire.Le 9 Février 2014 , à Montrieux en Sologne, un jeune homme de 27 ans avait accidentellement causé la mort de sa fiancée au cours d'une partie de chasse. Les deux tourtereaux étaient chasseurs.D'ailleurs Etienne a demandé la main de Bérangère sur un mirador.
    Le jour du drame, les amoureux entendent un merle chanter."Ne le loupe pas, sinon c'est moi qui le tire", lance pour plaisanter Etienne à sa compagne, qui venait de rater une bécasse.Puis, tout va très vite

    jeanmi43s Un des deux chiens d'Etienne va le pousser, le faisant tomber à terre.La crosse du fusil tape le sol, et le doigt d'Etienne touche la gachette.Le coup part, blessant mortellement sa jeune compagne.
    "L'étude balistique montre que le tir venait de bas en haut, ce qui accrédite la thèse de l'accident", indique le président du tribunal.
    "C'est une affaire dramatique", souligne l'avocat du prévenu, Me charles Lagier, du barreau de Lyon."C'est un chasseur aguerri, très prudent.Sa profession d'infirmier le rend précautionneux et attentif aux détails,il n'y a pas d'imprudence,pas de faute d'inattention, de négligence", insiste le conseil d'Etienne, qui a du mal à contenir ses larmes.Et de conclure:"Une partie de sa vie est partie avec Bérangère, laissez lui le reste." Ce que le tribunal a fait en prononçant la relaxe.
    Il y a 2 ans
  • jeanmi43s histoires de chasse
    Il y a 2 ans

    Il y a quelques siècles, l'emplacement qu'occupe aujourd'hui Paris était, si on en excepte une très faible partie, couvert de bois, d'eau, de marécages, de broussailles, où la nature, libre, volontaire, indépendante, abandonnée à elle même, agissait à sa guise.
    Les étymologistes font dériver le mot Louvre de Lupara, bois aux loups.Ce fut le roi Dagobert, qui le premier fit construire, sur le terrain occupé aujourd'hui par le vieux Louvre, une maison destinée à ses chiens.
    D'où nous pouvons conclure, qu'il fut une époque où des loups, mais de véritables loups, hurlaient et dévoraient où

    jeanmi43s se trouve aujourd'hui la place de la bourse; que renards et autres bêtes puantes allaient, venaient, chassaient,se terraient sur l'emplacement des boulevards; que cerfs, daims, biches, grimpaient les hauteurs de Montmartre; que sangliers se vautraient, se souillaient çà et là un peu partout.
    J'avoue que les choses ont un...tout autre aspect! A la place de forêt silencieuse, de buissons, de ronces inextricables, de marais fangeux...une ville étourdissante, d'une fiévreuse activité le jour...étincelante la nuit.
    Q'importe!
    Paris est une singulière ville, et au point où il soit donné de voir, pendant une partie de l'année, autant de gibier...Qu'on ne s'y trompe pas.
    Oui, on y rencontre sans chercher le moins du monde, sans chien, et sans besoin de cartouches, plus de gibier que n'importe où... Gibier de tous les pays, des zones les plus froides, les plus torrides, ou tout bonnement tempérées.
    Le chamois des Alpes et des Pyrénées y coudoie le cerf, le chevreuil, le sanglier de nos forêts; le coq de bruyère, la gélinotte des hauts sapins, des froides montagnes, des neiges de la Russie, y coudoient la perdrix grise ou rouge, la caille frileuse, tout aussi bien que la sauvagine des mers du nord.
    Il nous est arrivé de rencontrer faubourg Montmartre...
    Un ours!
    Rassurez vous cependant, lecteurs prudents, cet ours était mort, percé de plusieurs balles; pour le reste, pour le gibier ordinaire, vous n'avez qu'un mot à dire pour qu'il vous tombe tout rôti sous la dent, ou bien... On en rencontre de dépecé, troussé, paré, bardé de lard, avec et sans truffes...Qu'on aille donc chercher ailleurs qu'à Paris...le pays de Cocagne.
    C'est qu'en effet Paris est le marché des marchés, le grand collecteur, le receleur des marchés du monde entier.

    Paul Chapuy, 1869
    Il y a 2 ans
  • jeanmi43s histoires de chasse
    Il y a 2 ans

    Chiens blessés-Trousse de premiers secours

    Voici le contenu de la trousse premiers secours proposé par le St Hubert Club de France.

    Un kit de première urgence canin s'envisage avant tout de manière préventive:il cherche à apporter une réponse immédiate et efficace aux blessures bénignes les plus courantes. Dans les cas les plus extrêmes , il ne doit servir qu'à évacuer le chien dans les meilleures conditions possibles.
    Petite liste:
    Outils-une paire de ciseaux à bouts ronds, des pincettes de taille différentes, un rasoir jetable, un tire-tic, un coupe ongles pour chiens.

    jeanmi43s De rien,mes amitiés
    Il y a 2 ans
  • jeanmi43s histoires de chasse
    Il y a 2 ans

    Le général*** tirait à tort et à travers sur tous ses voisins.Pour obvier à ce très grave inconvénient, nous recommandons un jour au garde qui chargeait ses armes d'en escamoter le plomb.Résultat tout à fait imprévu, le général, qui ne se faisait pas faute de s'attribuer les pièces des autres, et qui, avait pour auxiliaire un chien demi-sauvage, rapide comme un lévrier et voleur comme une pie, fut le roi de la chasse; c'était déjà assez original, mais voilà bien le plus fort:un paysan ayant reçu quelques grains de plomb égarés, d'un commun accord nous en accusâmes le général,qui fut forcé de

    jeanmi43s de l'indemniser. Nous avons bien ri, mais en secret, le général ne badinait pas; c'est à peine si j'ose me risquer aujourd'hui, il serait homme à me demander raison de cette mystification. La raison, la voici...
    Le général avait envoyé du plomb le même jour à quatorze personnes, cinq moutons, deux chiens et un dindon...il y a toujours un dindon. Evidemment le général*** tirait en fauchant.

    (AD.1847)
    Il y a 2 ans
  • jeanmi43s histoires de chasse
    Il y a 2 ans

    Deux gentilshommes incrédules étaient en chasse dans les environs de l'abbaye d'Andain, qui prit le nom de St Hubert.Ils avaient battu tous les halliers sans rencontrer de gibier.Ils se dirent:"Essayons de St Hubert; comme nous, il a été chasseur, sa relique est tout près d'ici, il doit entendre notre vœu; " et ils lui promirent le premier animal qui tomberait sous leurs flèches.
    Aussitôt le vœu fait, les meutes aboient; un sanglier de taille énorme sort des fourrés et vient se dresser entre les contreforts de l'abbaye, comme s'il eût voulu se mettre sous la protection de St Hubert.

    jeanmi43s émerveillés de sa taille et de sa grosseur prodigieuse, au lieu de le tuer et de l'offrir au saint, ainsi qu'ils avaient fait vœu, nos deux gentilshommes donnèrent l'ordre de l'emporter.Mais, soudain, comme si l'animal eût été indigné de leur félonie, il rompt ses liens, saute sur ses pieds, passe entre les meutes, et disparaît comme un éclair, au grand ébahissement des chasseurs confondus.
    Depuis, car la main de St Hubert était visible dans cette aventure, ils ne manquèrent pas d'offrir aux moines de l'abbaye les prémices de leurs chasses et la dixième partie du gibier pris dans l'année.

    (AP.1869)
    Il y a 2 ans
  • Webmaster histoires de chasse
    Il y a 2 ans

    test

  • jeanmi43s histoires de chasse
    Il y a 2 ans

    Autour de la forêt s'est développée une longue tradition de mythes et de légendes.Il est vrai que, même chez les moins imaginatifs d'entre les hommes, l'inquiétude peut naître du spectacle d'un étroit sentier s'enfonçant sous une voûte impénétrable, d'un arbre puissant, d'un tronc noir dressé qu'un rayon de lune rend plus fantastique encore...Et, au cœur de cette profusion végétale, la sensation d'une vie nombreuse et cachée.

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vendredi 14 novembre 2014
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jeanmi43s
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