Dossier chasse Périscope Le réseau SAGIR, une veille sanitaire pour la faune sauvage

A l’heure où le virus COVID-19 ou Coronavirus paralyse le globe avec son lot quotidien de décès et d’hospitalisations, les chasseurs ont aussi un rôle à jouer dans la veille sanitaire. En effet,  grâce au réseau SAGIR dont ils sont un maillon essentiel, la faune sauvage est aussi surveillée afin de prévenir ou alerter en cas de pandémie de cette dernière.



Quid du réseau SAGIR ?

Né d’un partenariat entre la Fédération Nationale des chasseurs et de ses satellites que sont les fédérations régionales et départementales et de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage devenu depuis peu Office Français de la Biodiversité datant de 1955, cette association des forces vives du milieu cynégétique a vu une consolidation de ses prérogatives en 1972 avant de connaître sa dimension actuelle en 1986 et d’adopter son nom actuel de SAGIR qui est la contraction de Surveiller pour agir.



Qui compose le réseau SAGIR ?

logo du reseau SAGIRSur le terrain concrètement, il s’agit d’un réseau d’acteurs et de spécialistes en santé animale, en biosécurité, en maladie dites exotiques, ainsi qu’en toxovigilance qui participent à la bonne gestion des crises épidémiologiques, sanitaires ou animales impliquant le monde animal. Administré et animé par l’OFB désormais, le réseau SAGIR est basé surtout sur la vigilance des lanceurs d’alertes sur le terrain que sont les chasseurs.

Quelles actions de prévention sur le terrain ?

Les objectifs du réseau sont au nombre de quatre. Ainsi, cela commence par la détection de maladies nouvelles pour la faune sauvage. Les observations de mortalité suspecte d’animaux comme cela a été le cas durant l’épizootie de grippe aviaire H1N1 ont été le fait d’arme le plus marquant. De ces constations et détections, s’ensuit le deuxième volet qui est la détection de possibles agents pathogènes transmissibles  à l’homme et/ou partagés avec la faune sauvage et les animaux domestiques. De plus, la surveillance des effets non intentionnels de produits phytopharmaceutiques sur les oiseaux et mammifères est aussi observée. Enfin, la caractérisation des maladies animales pour la santé des populations est l’enjeu final de prévention de cette veille sanitaire.

Les chasseurs exercent une veille sanitaire en assurant une vigilance dite opportuniste. Ainsi, chaque cas de mortalité suspecte ou de morbidité anormale d’animaux doit être remonté à l’échelon supérieur qu’est la FDC ou l’agence OFB de son département. Le chasseur n’a pas à présumer de l’étiologie mais simplement avertir et prendre des photos, il prévient juste de tout évènement sanitaire. Les techniciens des FDC ou de l’OFB font alors la collecte et s’appuient sur un service de proximité comme les laboratoires départementaux d’analyses vétérinaires ainsi que des laboratoires spécialisés pour diagnostiquer les causes de mortalité.



Ce réseau peut être renforcé en fonction du risque potentiel dû aux espèces à risque comme le sanglier en zone frontalière de l’Est de la France avec la peste porcine africaine ou encore les zones à risques liées aux migrations d’anatidés lors de période d’influenza aviaire.

Les cas numériques

On appelle « cas numériques » des supports photos ou vidéos concernant des animaux viables ou non transportables mais qui ont des signes cliniques de maladies. Le diagnostic est alors appelé un diagnostic différentiel et hiérarchisé.

Véritable maillage de veille sanitaire, le réseau SAGIR assure une veille sanitaire afin de protéger la faune mais aussi l’homme ainsi que son économie. Et cela ne peut se faire sans l’observation des hommes de terrain que sont les chasseurs, car ils connaissent parfaitement leur environnement. Alors, ami disciple de Saint Hubert, tu es toi aussi un maillon essentiel !



technicien au service du reseau SAGIRLes principales épidémies qu’a dû gérer le réseau SAGIR :

  • De 1986 à 1993 : l’EBHS (syndrome du lièvre brun européen-maladie hémorragique) avec plus de 1490 cadavres de lièvres autopsiés
  • 1993 : intoxication de pigeons au furathiocarbe
  • Depuis 1988 : la VHD sur le lapin
  • De 1992 à 2002 : la Peste Porcine classique,
  • 2001 : Détection de la bactérie responsable de la tuberculose chez le cerf
  • De 2005 à 2006 : l’Influenza aviaire ou grippe aviaire avec plus de 3800 oiseaux autopsiés
  • 2011 : détection de tularémie sur le lièvre dans le pas de Calais
  • Depuis 2019 : la Peste Porcine Africaine

SAGIR en quelques chiffres :

  • + de 1 000 000 observateurs potentiels dont 1500 professionnels,
  • 185 animateurs départementaux,
  • 79 laboratoires de proximité,
  • 60 000 cas déclarés depuis 1986,
  • 205 espèces répertoriées.

Maurice Reydellet, le créateur de SAGIR :



L’idée de créer le réseau SAGIR est née dans la tête de Maurice Reydellet alors Président de la FDC des Hautes Alpes et directeur des services vétérinaires. Ce dernier présenta en 1952 un rapport sur les intérêts patrimoniaux, économiques et sanitaires d’une surveillance des maladies du gibier en France. Le conseil Supérieur de la chasse créa alors en 1955 un dispositif de surveillance de mortalité des oiseaux et des mammifères sauvages. Ainsi naquit le réseau SAGIR !

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