Le Portugal va payer ses chasseurs pour faire reculer les sangliers

Devant des sangliers devenus envahissants, le gouvernement portugais lance ce mois d’octobre un dispositif qui prévoit une prime pour chaque animal prélevé. Une mesure attendue par des campagnes qui n’avaient visiblement pas patienté pour réagir.
Les communes rurales ont déjà mis la main à la poche.
Au nord du pays, la municipalité de São Pedro do Sul a débloqué 13 000 euros répartis entre 11 associations de chasse, à l’écoute d’agriculteurs qui doivent faire eux même la chasse aux sangliers et qui restent parfois quatre à cinq heures à l’affût dans le froid.
Selon les maires locaux, les chasseurs n’interviennent pas par plaisir d’abattre un grand nombre de sangliers mais parce que les voisins les appellent pour sauver leurs récoltes, tandis que la mairie craint surtout de voir les petits exploitants, usés par les pertes, laisser leurs terres à l’abandon.
Plus au centre, le maire de Mação, José Martins, décrit des habitants démunis devant leurs potagers saccagés et parle même d’un « très grand drame ».
À Sardoal, où au moins deux accidents de la route ont été recensés ces derniers mois, la mairie a choisi de financer directement les battues des associations locales.
Le Portugal fixe un tarif et un objectif chiffré.
Le projet pilote visera les territoires les plus touchés, et les onze communes du Médio Tejo s’y sont toutes portées candidates.
Les chasseurs toucheront 50 euros par mâle et 70 euros par laie abattus au-delà de la moyenne de régulation des trois années précédentes, avec l’ambition de réduire la population d’au moins 10 %.
Encore faut-il savoir de combien d’animaux on parle, puisque l’Institut de conservation de la nature et des forêts (ICNF) avance une population d’environ 400 000 sangliers pour 40 000 prélevés chaque année, des chiffres que la presse portugaise juge pourtant incomplets.
Reste une question que le gouvernement devra forcément trancher si les tableaux de chasse s’envolent : celle des carcasses.
À ce jour, une seule structure, installée à Penafiel, accepte la viande de gibier pour l’ensemble du pays. On a donc prévu de payer les chasseurs mais il va falloir, comme en France, qu’une filière de la venaison Portugaise se développe.
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