Peste porcine en Catalogne : un laboratoire vétérinaire soupçonné d’être à l’origine de l’épizootie

Depuis quelques jours, les indices s’accumulent sur une possible source de contamination de sangliers par la PPA : vingt-six sangliers retrouvés morts près de Barcelone, un virus qui ne correspond pas à ceux qui circulent actuellement en Europe, et un centre de recherche vétérinaire perquisitionné à quelques centaines de mètres des carcasses. L’affaire prend une tournure embarrassante pour les autorités Catalanes, tandis que la FNC a déjà tiré la sonnette d’alarme côté Français.
Une souche virale qui ne devrait pas se balader en pleine nature.
Fin novembre, des sangliers sont découverts morts dans le parc de Collserola, aux portes de Barcelone. Le diagnostic tombe rapidement car il s’agit d’une maladie bien connue en ce moment : la peste porcine africaine. Vingt-six bêtes noires au total vont être retrouvées et déclarées positives.
Là ou le bât blesse, c’est que la souche identifiée chez ces animaux n’a rien à voir avec les virus qui sévissent actuellement dans une dizaine de pays européens.
Il s’agit en effet d’une variante baptisée « Géorgie 2007 », normalement réservée aux expériences en laboratoire pour tester des vaccins potentiels.
La FNC a d’ailleurs communiqué sur cette découverte troublante, n’excluant pas « une erreur de manipulation à la faculté de médecine vétérinaire, située juste à côté des premiers cas. »
Le 18 décembre, la garde civile Espagnole et la police Catalane ont perquisitionné l’institut Irta-Cresa, un centre de recherche vétérinaire situé à moins d’un kilomètre de l’endroit où les premières carcasses ont été localisées.
Des documents révélés par la presse locale montrent que le laboratoire menait justement des expériences avec cette fameuse souche « Géorgie 2007 » fin novembre.
Une sécurité qui pourrait être remise en cause.
Le centre Irta-Cresa est en travaux d’agrandissement et cela depuis septembre.
Le site ne dispose pas donc actuellement pas de double clôture alors que des sangliers évoluent régulièrement dans les forêts avoisinantes. Un constat pas très rassurant pour un laboratoire qui manipule des virus hautement pathogènes en relation avec la faune sauvage…
La direction du chantier certifie pourtant qu’aucun incident n’a affecté la biosécurité sur place, mais l’accumulation d’indices peut interroger.
C’est d’autant plus vrai que deux expériences avec le virus de la PPA étaient programmées fin novembre, pile au moment où le premier sanglier infecté a été retrouvé à quelques centaines de mètres du laboratoire.
Les autorités espagnoles évoquent la piste d’une « saucisse contaminée abandonnée dans un sandwich ».
L’hypothèse n’est pas complètement à exclure car le secteur de Barcelone est confronté à un problème de sangliers urbains qui fouillent sans cesse les poubelles et sachant que le virus de la PPA peut rester plusieurs semaines dans les déchets et la viande…
Malgré tout, cela fait beaucoup, l’enquête va donc continuer pour déterminer avec exactitude d’où provient le virus et la souche qui a contaminé les sangliers sur place.
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