L’ASPAS avoue elle-même son fiasco face aux préfets sur l’interdiction de la chasse

L’association antichasse avait sollicité en août 44 préfets pour obtenir l’arrêt de la chasse d’été et le report de l’ouverture générale, en invoquant les canicules, la sécheresse et les incendies de l’été 2026. C’est l’ASPAS elle-même qui publie aujourd’hui un bilan pour le moins maigre de cette opération.
Une campagne de courriers qui s’est heurtée au silence de l’administration.
L’ASPAS a récemment publié sur son site un retour sur sa tentative de faire suspendre la chasse avec des courriers envoyés aux préfets durant l’été dernier et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’échec a été cuisant.
Sur les 44 représentants de l’État interpellés, 34 n’ont tout simplement pas donné suite, ce qui en dit long sur le poids accordé à ce type de sollicitations dans les préfectures.
Quant aux dix réponses reçues, elles vont presque toutes dans le même sens, puisque l’Aisne, la Loire, le Tarn, la Haute-Vienne, l’Hérault ou encore l’Indre ont rejeté la demande de suspension comme celle de report.
Les services de l’État s’appuient visiblement sur des éléments concrets, qu’il s’agisse de l’absence de mortalité massive constatée sur le terrain, du retour de la pluie dans plusieurs secteurs ou de la nécessité de poursuivre la régulation des cerfs, des chevreuils et des sangliers qui continuent de causer des dégâts dans les cultures et ailleurs en été comme en hiver.
A lire aussi : Le maire de Fréjus, ex-vice-président du Rassemblement National, veut interdire la chasse sur sa commune
Une association qui tente de transformer son échec en argument.
Plutôt que d’en tirer les conséquences, l’ASPAS invoque le principe de précaution et reproche aux préfets de s’appuyer sur l’absence de données exhaustives pour ne rien faire.
On peut facilement retourner l’argument, car réclamer la fermeture de la chasse dans 44 départements sans aucune donnée solide relève évidemment davantage de la posture que de la gestion de la faune.
L’association met également en avant deux mesures locales comme preuves qu’une adaptation serait possible, à savoir l’interdiction d’accès aux secteurs incendiés du Diois, dans la Drôme, et la suspension de la chasse sur l’étang de Capestang, dans l’Hérault, après un épisode de botulisme.
Des décisions prises pour des raisons de sécurité et de santé bien précises, qui n’ont manifestement pas grand-chose à voir avec la campagne de courriers de l’ASPAS et avec lesquelles les chasseurs sont souvent d’accord.
Avec 34 lettres restées sans réponse et une poignée de refus polis, l’ASPAS aura au moins eu le mérite de mesurer elle-même son influence auprès des préfets, et de la rendre publique.
Commentaires
Rejoignez la discussion
Connectez-vous pour laisser un commentaire.