L’OFB sévèrement recadrée par le Sénat pour son manque d’activité et de légitimité sur le terrain

Par Nicolas Liégeois | 26 septembre 2024 à 16h58 37
L’OFB sévèrement recadrée par le Sénat pour son manque d’activité et de légitimité sur le terrain
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Voilà près de 5 ans que l’Office Français de la Biodiversité a été créé et c’est à cette occasion que le Sénat a décidé de faire le bilan des actions de ce nouvel organisme ainsi que de son positionnement vis à vis du grand public. Plusieurs points ont été relevés et le Sénat se montre assez sévère avec les agents de l’État.

L’OFB « doit jouer plus collectif » selon le Sénat.

Dans le rapport permettant de faire le bilan sur les actions menées par l’OFB auprès du Sénat, les rapporteurs n’y vont pas de main morte et mettent le doigt sur les différents problèmes que rencontrent l’organisme.

On peut comprendre qu’avec un budget de plus de 650 millions d’euros, les pouvoirs publics attendent des résultats et pas uniquement un fonctionnement poussif sur le terrain.

C’est le premier reproche qui est fait par les auteurs du rapport à l’OFB qui « doit jouer plus collectif ». Cette remarque issue du sport est assez représentative des retours de terrain que les personnes qui ont des contacts directs avec les agents ont pu formuler comme les frictions avec le monde agricole ou le manque de légitimité des agents auprès des chasseurs :

« Soucieuse de renforcer la capacité de l’OFB à répondre aux défis de la préservation de la biodiversité en jouant collectif, la commission a identifié les marges d’amélioration de l’établissement pour un meilleur ancrage institutionnel, une légitimité plus affirmée et des relations plus apaisées avec les acteurs économiques et agricoles. »

L’OFB a perdu en compétence en matière de chasse par rapport à l’ONCFS.

Toute une partie du rapport est dédiée aux activités de l’OFB en relation avec le monde cynégétique. Si l’Office Français de la Biodiversité continue de délivrer les permis de chasser, l’organisme ne doit pas mettre de côté ses autres casquettes à savoir le suivi sanitaire de la faune sauvage mais aussi son rôle de police de la chasse.

« Les chasseurs dénoncent un abandon et une proximité moindre de l’établissement avec les problématiques cynégétiques : le nombre total d’infractions relevées au titre de la police de la chasse a ainsi baissé de 87 % entre 2019 et 2022. »

Une baisse des contrôles abyssal, que l’OFB a tenté de combler récemment en se montrant bien plus présente sur le terrain lors de l’ouverture de la chasse de cette année. On comprend maintenant pourquoi à la lecture de ce rapport.

Plus fort que les chiffres, l’Office Français de la Biodiversité a elle même confirmé s’être désengagée de certaines de ses missions en rapport avec la chasse comme l’indique la documentation publiée sur le site du Sénat :

« Assumant ce désengagement au regard de ses autres missions, l’OFB a recentré ses missions de police de la chasse sur les objectifs fixés par la direction de l’eau et de la biodiversité du ministère de l’Environnement […] Il opère un contrôle moins exigeant des plans de chasse des espèces qui se portent bien et ses agents ne patrouillent plus de nuit pour lutter contre le braconnage. « .

On peut donc remercier les agents des Fédérations des chasseurs qui ont récupéré cette charge de travail sans posséder le même équipement ni les mêmes attributions que les agents de l’OFB.

Les rapporteurs font tout de même remarquer que l’Office Français de la Biodiversité dispose d’un budget lui permettant de mener à bien toutes ses missions.

Plusieurs pistes d’amélioration ont donc été mise en avant dans ce rapport mais parmi elles, celles qui reviennent le plus sont la nécessité de se montrer plus pédagogue, jouer plus sur la sensibilisation que sur la sanction et la nécessité pour les agents de se montrer objectifs dans l’exercice de leurs fonctions :

« Cette formalisation du cadre d’intervention des agents permettra de réduire la variabilité des comportements et des postures, qui alimentent parfois des critiques de partialité, de militantisme, voire de dogmatisme, qui nuisent à la légitimité de l’OFB. »

Le rapport est consultable dans son intégralité sur le site du Sénat.

Article mis à jour le 26 septembre 2024

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