Tireur en cavale, suspect, enquête… quand les médias inventent un accident de chasse en Haute-Garonne

Les faits relatés par la presse dimanche dernier autour d’une battue aux sangliers à Saint-Hilaire, au sud de Toulouse, n’ont pas vraiment plu aux chasseurs locaux. L’ACCA conteste point par point la version des médias, notamment celle publiée par Actu Toulouse, et la FDC31 a décidé de monter au créneau à ses côtés.
Un récit bien plus inquiétant que la réalité du terrain.
Le dimanche 27 septembre, vers 11 heures, un habitant de la commune a contacté la gendarmerie en expliquant avoir entendu des balles siffler près de sa maison, pendant qu’une battue autorisée se déroulait à proximité.
Il assurait aussi avoir vu un chasseur en gilet orange partir en direction de la forêt.
Il n’en fallait visiblement pas plus pour que les médias montent l’histoire en tête d’épingle avec des articles qui évoquent « un tireur en fuite », « un suspect », « une enquête ouverte » et même une possible « mise en danger de la vie d’autrui », un récit alléchant qui se transmet ensuite dans d’autres rédactions.
Une version des chasseurs qui change forcément la donne.
La FDC de Haute-Garonne a publié un communiqué dans lequel elle soutient son ACCA et affirme que l’histoire est bien différente de celle relayée par les médias.
Selon l’ACCA, le chasseur n’a jamais pris la fuite puisque la battue était terminée et qu’il quittait simplement son poste pour aller récupérer les panneaux de signalisation placés avant la chasse.
En ce qui concerne le tir, il aurait été effectué à courte distance, en direction du sol et vers une zone sécurisée, conformément aux consignes données avant le départ, ce que les gendarmes venus sur place ont d’ailleurs pu constater.
L’association précise également qu’aucune poursuite n’est engagée à ce jour, que personne n’a été blessé et qu’aucun dégât n’a été relevé. Elle a donc officiellement réclamé un droit de réponse.
La Fédération rappelle de son côté que la chasse n’a pas besoin d’être protégée de la critique mais simplement d’être traitée avec la même rigueur que n’importe quelle autre activité :
« Nous pouvons comprendre qu’un incident impliquant une arme à feu et la pratique de la chasse puisse intéresser la presse. Mais dramatiser n’est pas informer. »
Pour le coup, entre un tireur en cavale et un chasseur qui ramasse ses panneaux en fin de battue, on peut comprendre pourquoi une des deux versions intéresse plus les journalistes que l’autre. Reste à voir si le droit de réponse sera publié avec autant d’enthousiasme que l’article de départ dans les rédactions responsables.
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