La France interdit définitivement la chasse du grand tétras au détriment de l’espèce

Un décret publié au Journal officiel le 6 octobre 2026 retire définitivement le grand tétras de la liste des espèces chassables. La mesure fait suite à son classement parmi les espèces strictement protégées un mois plus tôt.
Le grand tétras sort de la liste des espèces chassables après son classement en espèce protégée.
Jusqu’ici, l’oiseau bénéficiait déjà de mesures de protection locales dans le Jura, massif dont il reste l’une des espèces les plus emblématiques. Dans les Pyrénées, en revanche, il figurait encore parmi les espèces soumises à gestion adaptative, ce système mis en place en 2018 pour assouplir l’ancienne liste figée des oiseaux chassables. Le texte entré en vigueur le mercredi 7 octobre en tire simplement les conséquences, puisque l’arrêté du 3 septembre 2026 avait déjà érigé le grand tétras au rang d’espèce strictement protégée, en même temps que le lagopède alpin, aussi appelé perdrix des neiges. Aucune nouvelle espèce d’oiseau n’avait rejoint cette liste depuis 2009. Désormais, on ne peut plus détruire, altérer ou dégrader ni les œufs et les nids de ces deux oiseaux, ni leurs sites de reproduction et leurs aires de repos.
Des effectifs en chute libre qui expliquent la décision.
Le grand tétras subit comme d’autres espèces plusieurs facteurs qui nuisent à son développement : réchauffement climatique, dérangement lié aux activités touristiques en montagne et artificialisation des milieux se conjuguent pour réduire peu à peu son habitat.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, espère une stabilisation des populations, voire un espoir de remontée, tout en admettant que le chemin restera difficile.
Le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, réclame comme toujours d’aller plus loin sur les espèces fragiles, rappelant que la chasse est autorisée en France sur 64 espèces d’oiseaux, dont un tiers présentent un mauvais état de conservation.
Dans les Vosges, le plan de réintroduction lancé en 2024 ne sera pas poursuivi puisque la quasi-totalité des individus relâchés jusqu’ici sont morts.
Reste que la chasse du grand tétras était déjà suspendue pour cinq ans depuis 2022, après une décision du Conseil d’État, ce qui laisse penser que l’interdiction définitive ne changera rien de ce qui nuisait jusqu’ici à l’espèce. Les randonneurs, vététistes, skieurs et autres promeneurs accèderont à toute la montagne sans faire attention aux habitats sensibles et c’est là une des premières causes réelles du manque de reproduction du grand tétras.
En retirant ces oiseaux de la liste des espèces chassables, comme on l’a déjà fait par exemple pour le lagopède alpin, on peut se dire que la décision se fait au détriment de l’espèce car on prend le risque de décourager les chasseurs de maintenir leurs efforts en sa faveur et en faveur de son habitat.
Quand l’État désavoue le travail mené par les chasseurs sur un gibier, l’intérêt de s’investir dans la gestion des milieux de montagne qui l’accueillent s’érode forcément et ceux qui connaissaient le mieux ces oiseaux pourraient bien se détourner d’un dossier où ils ne sont plus que spectateurs…
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