Accident de chasse mortel : un septuagénaire lourdement sanctionné par la justice

Un drame survenu lors d’une chasse à l’affût en Ille-et-Vilaine vient d’être jugé la semaine dernière. Mardi 7 avril, le tribunal correctionnel de Rennes a condamné un chasseur de 77 ans à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour homicide involontaire. La justice a également prononcé à son encontre une interdiction définitive de chasser.
Une erreur fatale lors d’une chasse à l’affût
Les faits remontent au 30 mai 2025, sur la commune de Langouët, au nord-ouest de Rennes. Ce soir-là, trois amis participent à une chasse à l’affût destinée à réguler des sangliers responsables de dégâts agricoles. Alors que la luminosité décline, le septuagénaire aperçoit une silhouette sombre en mouvement à plusieurs dizaines de mètres.
Pensant avoir identifié un animal, il tire à deux reprises mais la cible n’est pas un sanglier malheureusement. L’un de ses compagnons, positionné en contrebas, est atteint mortellement. Selon le prévenu, rien ne laissait supposer la présence de son ami à cet endroit précis.
Une première expérience à l’affût
À la barre, l’homme, sans antécédents judiciaires, a reconnu les faits. Ancien menuisier et père de famille, il expliquera qu’il ne pratiquait pas habituellement la chasse à l’affût, notamment en soirée. Ce soir-là, il avait accepté d’accompagner un proche pour faire face à des dégâts répétés dans des cultures de maïs.
L’accident survient pourtant dans un cadre réglementaire : la chasse était autorisée jusqu’à près de 23 heures ce jour-là. Le tir mortel intervient peu avant la limite légale.
Une vie de chasseur sans incident… jusqu’au drame
Titulaire du permis depuis plus de 50 ans, le prévenu n’avait jamais été impliqué dans un accident. À l’audience, il a évoqué une formation récente aux règles de sécurité, rappelant que celles-ci constituent le socle de l’examen du permis de chasser.
Du côté des parties civiles, l’émotion est restée contenue. Leur avocat a souligné la douleur partagée, y compris par le prévenu lui-même, confronté à la perte d’un ami de longue date.
Une faute reconnue, une sanction lourde
La défense n’a pas contesté la responsabilité du tireur, qualifiant les faits d’erreur manifeste aux conséquences irréversibles. Lors de sa dernière prise de parole, le chasseur a présenté ses excuses à la famille de la victime, exprimant ses regrets face à ce drame.
Suivant les réquisitions du parquet, le tribunal l’a reconnu coupable. Outre la peine de prison avec sursis, il lui est désormais interdit de posséder une arme pendant trois ans. Son matériel a été confisqué et il devra indemniser les proches de la victime.
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