La chasse du chamois, de l’isard et du mouflon autorisé en battue en France

Par Jacques Cheval | 10 juillet 2026 à 09h08 7
La chasse du chamois, de l’isard et du mouflon autorisé en battue en France
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C’est un texte qui fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le monde de la chasse et de la gestion de la faune sauvage. Publié au Journal officiel, un arrêté ministériel autorise désormais la chasse en battue du chamois, de l’isard et du mouflon. Cette évolution réglementaire majeure modifie en profondeur les pratiques traditionnelles de la chasse de montagne en France, jusqu’alors historiquement réservées à l’approche ou à l’affût.

Un nouvel outil de gestion pour les fédérations

Pour les défenseurs de cette mesure, portée notamment par le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage (CNCFS), l’introduction de la battue répond à un besoin de flexibilité. Dans certains massifs, la réalisation des plans de chasse s’avère complexe en raison d’accès difficiles ou de conditions climatiques rudes en fin de saison. Cet arrêté offre donc aux fédérations départementales un outil supplémentaire pour réguler plus efficacement les populations d’ongulés et atteindre les quotas de prélèvement fixés par les préfectures. Le texte laisse d’ailleurs le choix aux présidents de fédérations d’intégrer, ou non, cette modalité dans leur Schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC).

Une éthique montagnarde bousculée

Du côté des puristes de la chasse de montagne, la pilule passe difficilement. Pour beaucoup, le chamois et l’isard incarnent une éthique de chasse indissociable de l’effort physique, de la discrétion et d’une longue observation pour sélectionner précisément l’animal prélevé. L’idée de traquer ces « seigneurs des cimes » à l’aide de chiens ou de les tirer au saut d’une ligne de crête suscite de vives réticences. Les opposants craignent une dénaturation de cette quête alpine et redoutent des tirs moins sélectifs, préjudiciables à l’équilibre démographique des cheptels.

Quel impact sur le terrain ?

L’application concrète de cet arrêté dépendra désormais du cas par cas départemental. Si certains territoires pourraient l’adopter pour simplifier la gestion de zones de forte densité, d’autres massifs préparent déjà des clauses pour sanctuariser la chasse à l’approche, maintenant vivante la célèbre maxime : « le chamois ne se chasse pas, il se mérite ». Une chose est sûre, cet arrêté ouvre une nouvelle ère, où la recherche d’efficacité réglementaire se confronte directement à l’esprit traditionnel de la montagne.

Article mis à jour le 10 juillet 2026 à 09h08

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