Un loup mort mis en scène devant une mairie des Hautes-Alpes

Vendredi dernier, tôt dans la matinée, alors que la personne en charge de l’entretien de la mairie de Saint-Bonnet-en-Champsaur vient pour travailler, elle fait une macabre découverte devant l’établissement public. Un loup, ou plutôt une louve morte est pendue devant la porte de la mairie. La mise en scène est bien évidemment un message envoyé à l’administration des Hautes-Alpes et, au cas ou le message ne serait pas suffisamment clair, une banderole portant la mention « Réveillez-vous, il est déjà trop tard » a été retrouvée près du corps de l’animal.
La gendarmerie a rapidement été appelée sur place et a fait en sorte de cacher de la vue de tous l’animal mort ainsi positionné. Une enquête a été immédiatement ouverte pour tenter de découvrir qui est l’auteur du braconnage et de cette mise en scène. La louve n’avait pas été tuée longtemps avant sa découverte et a été abattue par balle selon les premières constatations, le calibre sera connu après l’autopsie réalisée. Des analyses ADN ont également été menées sur la banderole.
L’affaire a fait réagir en haut lieu puisque même la ministre de la Transition écologique s’est indignée de la mort de la louve sur les réseaux sociaux :
Cet acte est absolument inadmissible.
Une enquête a été ouverte et les services de l’OFB ont été saisis.
Aucun acte d’intimidation ne permettra de trouver des solutions durables à la cohabitation de l’humain et du loup. L’immense majorité des acteurs travaille dans ce sens. https://t.co/XkwzdGlo4D
— Barbara Pompili (@barbarapompili) September 24, 2021
Les associations animalistes et écologistes sont également montées au créneau.
Cette découverte prouve encore une fois que la situation est très tendue entre les défenseurs du loup et ceux qui n’en veulent absolument pas. La présence du loup impacte beaucoup le monde pastoral qui doit s’équiper de chiens de défense pour assurer la sécurité de leurs troupeaux mais ces chiens posent de nouveaux problèmes aux éleveurs et aux bergers. Un éleveur de Gap est d’ailleurs passé récemment au tribunal à cause de promeneurs et de randonneurs imprudents qui s’approchaient trop près des troupeaux et se sont fait mordre par les patous.
La tension entre pro-loups et anti-loups est donc remontée d’un cran. Il faudra attendre que les gendarmes retrouvent l’auteur des faits pour savoir quelles sont ses motivations et si cette histoire est bien en relation avec ce qui oppose les deux camps. Affaire à suivre.
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