La loi sur la restauration de la nature adoptée par les pays de l’Union Européenne

Par Nicolas Liégeois | 18 juin 2024 à 11h03 8
Loi sur la restauration de la nature
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Ce lundi 17 juin aura vu naître une avancée considérable pour la nature en Europe avec l’adoption de la loi sur la restauration de la nature, l’une des mesures qui aura généré le plus de tensions au sein du Parlement lors des échanges sur le Pacte Vert. Focus sur cette loi qui vient d’être adoptée par les pays de l’UE.

Une loi qui aurait pu ne jamais voir le jour.

La loi sur la restauration de la nature aura été un sujet complexe à gérer pour les élus au Parlement Européen. Pour que la majorité des pays membres adoptent cette loi, il fallait attendre que l’Autriche vote « pour » afin d’assurer la pérennité du projet alors que la présidence de la Belgique en Europe touchait à sa fin et que celle de la Hongrie va débuter.

Si la Belgique a finalement décidé de s’abstenir dans ce vote, la Hongrie avait décidé de voter « contre » comme la Finlande, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède.

Ces votes négatifs ont souvent été une résultante des mobilisations massives des agriculteurs européens qui dénonçaient déjà un trop grand nombre de procédures et d’administratif dans leur métier.

L’adoption de cette loi risque aussi d’ajouter des contraintes supplémentaires aux agriculteurs bien que les pays pourront activer à leur guise une disposition d’urgence permettant de suspendre la mise en place de la loi en cas de menaces sur la souveraineté alimentaire de la population.

Finalement, cette loi qui a pour objectif de protéger les écosystèmes et de réparer les dégradations causées sur la nature en faveur de l’homme a pu être adoptée.

Les chasseurs favorables à cette loi sur la restauration de la nature.

Aujourd’hui, on estime que près de 80% des habitats naturels présents en Europe sont dans un état de conservation mauvais, voire très mauvais. L’adoption de cette loi va forcer les pays de l’UE à mettre en place des mesures fortes pour préserver la nature avec des échéances qui devront être respectées.

Selon cette loi, au moins 20% des zones terrestres et maritimes de l’UE touchées devront être restaurées d’ici 2030 et tous les écosystèmes doivent être pris en charge et restaurés d’ici 2050.

La restauration de la nature est forcément une mesure à laquelle adhèrent les chasseurs puisque c’est une excellente nouvelle pour toutes les espèces animales et végétales qui peuplent l’Europe.

Néanmoins, pour que cette loi puisse être un véritable succès, les chasseurs Européens rappellent que cela va dépendre de la mobilisation de tous les acteurs du monde rural, des chasseurs donc mais aussi des agriculteurs, des sylviculteurs, des pêcheurs et bien d’autres.

La FACE (Fédération des associations de chasse et conservation de la faune sauvage de l’UE) a déjà mis en avant de nombreux projets menés par les chasseurs partout en Europe en faveur de la restauration des écosystèmes et l’adoption de cette loi est l’occasion pour les gouvernements de développer ces projets à l’aide de financements.

Les chasseurs européens rappellent tout de même 3 points essentiels autour de cette loi :

  • La réussite de cette mise en œuvre de cette loi dépendra de la conception par les États membres de bons «plans nationaux de restauration» de manière proactive avec les parties prenantes telles que les agriculteurs, les propriétaires terriens, les chasseurs, les forestiers et d’autres acteurs clés. Cela est essentiel pour faire en sorte que les initiatives sur le terrain soient couronnées de succès à long terme pour le gibier et la faune et la flore sauvages.
  • La restauration de la nature n’implique pas d’arrêter les activités dans les écosystèmes restaurés, y compris la chasse.
  • La restauration ne doit pas être confondue avec les objectifs de l’UE en matière de zones protégées fixés dans la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, qui est expliquée plus en détail dans le document de travail des services de la Commission européenne sur les critères et les orientations pour la désignation des zones protégées.

Les États qui ont participé aux débats sur cette loi de restauration de la nature ont malgré tout supprimé les mesures les plus lourdes qui étaient imposées aux différents pays pour atteindre les objectifs. La FACE explique donc qu’il ne reste dans ce texte que les mesures minimums qui permettraient une restauration des environnements à hauteur des objectifs et c’est pour cette raison que les différents acteurs se doivent de répondre présent.

Article mis à jour le 18 juin 2024

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