Salut à tous,
j'arrive tout juste sur le forum et j'ai trouvé vos discussions sur le lièvre intérressantes.
Pour ma part, je chasse sur plusieurs territoires des Deux-Sèvres (79), et pour bon nombre de chasseurs de la région, le lièvre constitue un des principaux gibier de chasse.
Mon avis qui n'engage que moi est que tous les facteurs évoqués précédement influent sur la dynamique d'une population de lièvres.
Il est vrai que l'on voit toujours beaucoup de lièvres au printemps et en été. C'est normal, c'est l'époque où la reproduction est intense, les nuits sont plus courtes, les champs sans couverture végétale sont moins nombreux qu'en hiver et il ya très peu de dérangement en plaine.
A mon avis, la meilleure façon d'évaluer l'état d'une population de lièvres et d'aprécier son évolution sur un territoire donné, c'est d'effectuer un comptage nocturne au phare en hiver (méthode de l'IKA), afin de compléter les informations receuillies, il faut également suivre l'évolution des prélèvements par la chasse.
Pour revenir aux facteurs influant sur le lièvre
-La prédation a un impact non négligeable sur la dynamique des populations, une étude menée en grande-bretagne par le Game Conservency a démontrée que sans être chassée, une population de lièvres peu régresser uniquement à cause de la pression exercée par les renards qui (il est vrai prélèvent essentiellemnt des levrauts) mais freinent ainsi le renouvellent du nombre d'adultes.
-Les pratiques agricoles actuelles ne sont pas vraiment favorables au plei développement du capucin pour plusieurs raison. L'agrandissement du parcellaire réduit d'autant la capacité des champs à acceuillir des animaux. ( par exemple si sur 100 ha vous avez 4 parcelles de cultures différentes, vous pouvez acceuillir 30 lièvres, si vous avez 16 parcelles différentes, vous en acceuillerez 120, " les chiffres sont bidons mais fallait un exemple"). Les pesticides employés à fortes doses sont également néfastent pour le lièvre, non pas qu'ils le tuent directement, mais ils affaiblissent les organismes qui deviennent plus sensibles à d'autres maladies comme la coccidiose, la pasteurellose.....
-La présence de nombreux axes routiers à circulation importantes entrainent égalemnet localement des mortalités non négligeables. Une des commune où je chasse est traversée par de nombreuses routes, il est clair q'on recense de nombreuses collisions tous les ans et que la population de lièvres sur la commune évolue moins rapidement que sur des territoires voisins.
-Les maladies font également fortement fluctuer les niveaux de population de lièvres. On peut distinguer de types de pathologies.
Les maladies virales, la principale étant l'EBHS, qui est apparue chez nous il y a 15 ans et qui a fait des ravages chez le lièvre. Les maladies microbiennes et parasitaies, comme la tumarémie, les coccidioses la pasteurelose....
- La pression de chasse (et le braconnage) ont un impact important sur les lièvres
Tous ces facteurs sont étroitements liés et c'est la somme de tout ça qui fait que vos lièvres disparaissent.
Maintenant on peut agir sur le terrain afin de faire remonter les poupulations de lièvres.
Il est clair que par rapport aux collisions on ne peut quasiment rien faire, idem pour l'impact agricole, même si les pesticides sont utilisés avec plus de précaution par les agriculteurs ( ils ont un cout important) , de plus de nombreuses molécules ont été retirées du marché.
Avant toutes choses il faut engager une gestion sur une surface importante ( 5000 ha est un minimum). Il faut augmenter la pression sur les prédateurs ( battues, piégeage, déterrage) et surtout limiter la pression de chasse.
En Deux-Sèvres (je chasse depuis 1994) nous avons connu une grosse épidémie d'EBHS en 1992-1993, à cette époque les populations de renards éraient à leur maximum (1 renard au 2 km éclairés sur de nombreux territoires), la pression de chasse était importante (pas de limitation) , conséquence, les population de lièvres se sont écroulées, on faisait des comptages à 0.5 ou 1 lièvres au km.
Plusieurs mesures ont alors été mises en oeuvre.
Fermeture de l'espèce, mise place de plans de chasse, report de l'ouverture du lièvre de 15 jours par rapport à l'ouverture générale ( cette dernière mesure est importante, en effet, à l'ouverture, de nombreuses femelles allaitent encore leurs petits), création de grandes réserves de chasse pour préserver des souches lièvres, battues au renard jusqu'à fin mars, piégeage intensif.
Aujourd'hui, les résultats sont là les population de lièvres sont remontées à un niveau équivalent à celui d'il y a 20 ans, on chasse plein pot et on s'amuse. Les maladies sont toujours présentes, mais dès qu'il ya une épidémie (et ça fait 3 ans qu'il y en a pas eu) on limite la chasse. Alors que ily a 12 ans quand j'ai commencé a chasser il était dur de tuer un lièvre, aujourdh'hui il est facile d'en faire 5 ou 6 dans la saison, (les spécialistes sont à une quinzaine). Les populations continuent toujours de monter et aujourd'hui on est confronté à d'importants dégats, notamment sur les tournesols (certaines communes ont des dossiers s'élevant à près de 7500 euros par ans). On est en train de mettre en place en partenariat avec les agriculteurs des bandes de luzernes dans la plaine pour limiter les dégats et augmenter encore la capacité d'acceuil des territoires ( une commune prèse de chez moi est passée de 0,5 lièvres/km il ya dix ans à 12lièvres/km cette année.
allez je vous laisse pour le moment, je serait intarissable sur le sujet, mais je reviendrais pour approfondir cette discution
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