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L'agroforesterie

Par Hugo 31 | 17 juillet 2011

Bonsoir,

Il y a peu j'ai découvert l'agroforesterie sur une revue. Etant curieux :roll: j'aimerai avoir vos avis sur cette pratique agricole. Car évidement sur le papier c'est tout nouveau tout beau, mais sur le terrain ça donne quoi ?

Et niveau chasse ? Es que c'est un biotope intéressant ?

Si ça vous êtes intéressé... http://www1.montpellier.inra.fr/safe/french/agroforestry.php

Amicalement Hugo 🙂

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  • manant

    Je suis pour tout ce qui est plantation d'arbres en général, dans les Landes ils ont essayé....bien que cela ne soit pas à proprement parler de l'agroforesterie de planter des eucalyptus, dans les forêts de pin....

    Cela change le biotope... je répète cela n'est pas de l'agroforesterie, mais les changements climatiques doivent aussi obliger les hommes à revoir les plantations...remplacer les essences...bref un vaste sujet...passionnant...

  • paulfra

    slt!

    mon pere,agriculteur, m'en a deja parlé; ce dont je me souvient c'est qu'il n'y a pas assez de retour a moyen et a long terme pour les agriculteur donc peu osent encore se lancer!

    il m'avait aussi dit que, peut etre en année seche, les arbres empecheraient la bonne croissance des cereales( ils captent l'eau) comme on peut le voir en bord de peupleraie

    mais si la si l'agroforesterie fait ses preuves ca va surement se developper

    aussi a mon avis on ne trouvera jamais ca dans les bonnes terres

    pour le gibier ca ne peut que etre possitif non? 🙂

    wait and see 😐

    cdt :roll:

  • manant

    Je pense comme toi Paulfra que sur les bonnes terres, les terres riches on ne trouvera jamais vraiment de l'agroforesterie...qui me semble réservée d'avantage aux sols pauvres...mais pour le gibier que du positif c'est certain....Donc OK...

  • gatou27

    L'agroforesterie aura surement ses limites dans le temps, du moins dans la progression du peuplement arboricole. Il n'est pas uniquement question d'eau mais aussi de lumière. Donc quand les arbres sont jeunes, pas trop de problème. Quand ils deviennent plus agés et donc ne laisse que très peu d'eau, de nourriture et de lumière, ça doit avoir un impact sur la production agricole.

    Impact qui sera aussi vite compenser par la récolte des bois.

    Il faut faire le calcul. mais je ne suis pas sure que comparé au prix du céréale actuel, ce soit financièrement interessant.

  • henri X

    Je trouve ça purement génial.

    Je pense que ça a de l'avenir, notamment dans les régions d'élevage.

    Planter des arbres à essences rares ou précieuses dans des pâtures par exemple.

  • lefrancois

    Bonsoir à tous,

    Il m'a faffu aller chercher la définition de ce mot que je ne connaissais pas!

    Comme Mr Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir,j'ai fait le l'agroforesterie!!!

    Tous les agriculteurs du sud qui sont sur des terres pauvres y sont contraints car les parcelles cultivables sont petites et les arbres constiuent une ressource non négligeable sans compter qu'ils offrent un abri au bétail et même une source de nourriture.

    Pour ce qui est du gibier un tel biotope est bon mais cela ne remplace pas une bonne gestion.

    Cordialement.

  • Hugo 31

    C'est vrai c'est un sujet passionnant. Je suis entièrement d'accord avec vous, cependant n'es pas une utopie ?

    @lefrançois wrote:Tous les agriculteurs du sud qui sont sur des terres pauvres y sont contraints car les parcelles cultivables sont petites et les arbres constiuent une ressource non négligeable sans compter qu'ils offrent un abri au bétail et même une source de nourriture.

    J'aimerai savoir de quelle région parles tu..

    Car je suis à la frontière du Lauragais, et je ne vois pas du tout se phénomène bien au contraire. Les terres calcaire pauvre, déserte car le remembrement est passé par là m'écœure. Chez certains les mentalités n'a toujours pas changé, ils préfèrent balancer copieusement des engrais au lieu de planter des haies... Pendant que d'autres font des efforts, c'est triste pour eux...

  • lefrancois

    Bonsoir à tous,

    J'habite le sud du Massif Central.

    Les terres sont pauvres,la roche affleure presque partout,le climat est rude,les hivers longs...bref,les conditions sont réunies pour que l'agriculture soit tout sauf intensive.

    Je suis plié en deux quand j'entends les écolos avec leur vision idyllique de la nature!

    Les terres non cultivables sont plantées(ou se plantent seules) d'arbres.

    Dans le meilleur cas on arrive avec une gestion soigneuse à faire cohabiter le bétail et les arbres(une de mes filles qui a fait une étude sur le sylvopastoralisme vous en parlerait mieux que moi),pour les prairies,c'est plus difficile quant aux cultures cela l'est encore plus(manque de lumière,chute de feuilles,difficultés de mécanisation...).

    Toutefois concernant le gibier(à l'exception notable du cerf et du chevreuil),depuis 50 ans que je prends le permis,et plus que cela que je chasse,je vois une dégradation constante.

    Il serait long de développer mais sans une gestion rigoureuse,le gibier disparaît inéluctablement(voir cerf et chevreuil qui progressent grâce à la gestion).

    Malheureusement,les migrateurs sont ingérables ,aussi je dis sans arrêt qu'il faut modérer les prélèvements.J'ai vu disparaître la pêche car on avait l'impression d'avoir une ressource inépuisable,je ne voudrais pas voir disparaître la chasse!!

    Chasser n'est pas tuer!!!

    Cordialement.

  • lefrancois

    Rebonsoir,

    Une anecdote car je vois que tu es du Lauraguais qui est (était?) réputé pour ses cailles .

    Jeune ,je voyais des cailles partout,au rythme lent d'une faucheuse tirée par des vaches,la lame tuait parfois dans les prairies naturelles des mères qui ne voulaient pas quitter le nid.En moissonnant de petites parcelles de d'avoine ou d'orge il n'était pas rare à la fin de voir partir 20 ou 25 cailles.

    Pratiquement personne ne les tirait!

    "Cela ne vaut pas le coup de fusil"

    A mes débuts,avec un chien courant(oui,oui),sans que me spécialiser ,mais en rentrant du lièvre qui était ma chasse de prédilection,je tuais bon an mal an une cinquantaine de cailles.

    L'an dernier,avec un setter qui est correct,j'en ai levé(et tué)....deux!

    Cela se passe de commentaire.

    Cordialement.

  • Ori-D

    Bonjour à tous et à toutes (…),

    en tant que technicien agroforestier, je me permets de participer à ce débat en essayent de vous apporter quelques éléments de réponse et de réflexion. L'agroforesterie est une pratique pluriséculaire, dont les premiers exemples en terre de France (Gaule…) ont été décrits par les agronomes de Jules César en 58 av. JC. Des nombreux exemples existent aujourd’hui en France sous forme d’agroforesterie traditionnelle, dont les pré-vergers (140.000 ha) constituent la pratique majoritaire (mais on pourrait aussi évoquer les noyeraies à céréales du Dauphiné et d’autres encore…). L’agroforesterie moderne nait au début des années ’70 (Claude Jollet, Charente Maritime, est considéré le pionnier de cette nouvelle technique) et se caractérise principalement par des aménagements totalement mécanisables et par des rendements globaux (Bois et production culturale) supérieurs aux respectifs assolements. Plus de trente années de recherche ont permis d’aboutir à la conception de systèmes agroforestiers qui réconcilient diversité, production, services (Ex. ATTRAITS CYNEGETIQUES…) et durabilité. L’agroforesterie moderne a aujourd’hui laissé la place à l’agroforesterie dite « de deuxième génération » dont le fonctionnement se rapproche progressivement d’écosystèmes naturels et gagnent en autonomie. Le travail du sol et l’utilisation d’intrants chimiques diminuent peu à peu sans que le rendement agricole n’en pâtisse pas. La rentabilité et la durabilité augmentent. Avec une densité de 50 arbres/ha et des espacements entre les lignes d’au moins deux fois la hauteurs des arbres adultes, il est possible de cultiver jusqu’à la récolte des arbres en maintenant le rendement à l’hectare pendant les ¾ de la durée de la révolution de l’arbre. La dernière année avant récolte des arbres, le rendement agricole est encore de 80% du rendement initial. Le capital dégagé par la coupe des arbres dépasse largement les pertes cumulées liées à la baisse de la productivité des cultures. Cette baisse du rendement est liée principalement à deux facteurs : réduction du rayonnement incident sur les cultures et perte de surface, du fait de la présence des arbres et d’une bande enherbée (-5 a -10% surface cultivable).

    On évoque souvent le problème de la compétition racinaire : les études effectuées par Christian Dupraz de l’UMR de l’INRA de Montpellier montrent clairement que il n’y a pas de compétition entre arbres et les cultures, que ce soit pour l’eau ou les nutriments minéraux (je suis prêt à argumenter plus en détail si nécessaire). Au contraire, la présence des arbres limite l’évapotranspiration des cultures et la déshydratation du sol (phénomène de « l’ascenseur hydraulique » et « effet ombrière »), et donc en année sèche, l’arbre facilite la bonne croissance des céréales. Avant de conclure, je voudrais revenir sur la question principale : l’agroforesterie et chasse. Il existe une multitude d’agroforesteries, car les arbres ont leur place au cœur de tout type de production et de projet d’exploitation: grandes cultures, productions fourragères, élevage avicole, ovin, porcin ou bovin, viticulture. A la limite, chaque agriculteur est libre d’inventer sa propre agroforesterie, en accord avec ses pratiques. Parmi ces pratiques, la chasse est parfois considérée par l’agriculteur ou par la collectivité, comme un objectif à part entier (et à juste titre). Les arbres, les arbustes, les espèces herbacées de la bande enherbée, sont donc choisis et agencés de façon à favoriser la présence du gibier. Pour être clair, dans une parcelle agroforestière, le vrai problème n’est pas tellement l’absence de faune sauvage, souvent le vrai problème est lié une excessive abondance de cette dernière (d’où l’intérêt des protections individuelles pour protéger les jeunes plants). J’espère avoir contribué positivement à votre débat et je vous invite à visiter le site de l’association française d’agroforesterie (http://www.agroforesterie.fr).

    Bonne continuation de débat,

    Ori Daniele

  • rhum160

    l'ecole d'ingenieur a coté de chez moi

    test ça depuis 2 ans je crois

    sa pourrais etre interressent pour le bois de chauffage

    avec du frene sa pousse vite et tous les 10 15 ans tu peux recoté ton bois de chauffage

  • Ori-D

    @[supprimé] wrote:l'ecole d'ingenieur a coté de chez moi

    test ça depuis 2 ans je crois

    sa pourrais etre interressent pour le bois de chauffage

    avec du frene sa pousse vite et tous les 10 15 ans tu peux recoté ton bois de chauffage

    Taillis à courte rotation, pratiques d'émondage, arbres têtard, ces sont des techniques qui permettent de produire beaucoup de biomasse dans des délais relativement courts (3 à 8 ans). Biomasse qui peut se transformer en combustible pour se chauffer mais aussi en BRF ou en matière première pour la filière biochimique...

  • Tjeker10340

    Bonjour ORI D,

    J ai trouver ton article tres interessant

    Meme si je reste perplexe sur la competitivite arbre/culture, j ai toujours entendu aieux dires qu il ne fallait pas planter trop pre des arbres "il pompe tout....???"

  • rhum160

    dans la somme

    le long de l'autouroute A29 un agriculteur a planté des haies tous les 100 m environ

    sur une grande surface et chaque fois que je passe je ne remarque pas sa

    sa coupe du vent donc evite aux culture de verser aussi

    sur les 2 1er metres y a surement une baisse de rendement

    mais il peut pas y avoir que des avantages non plus

  • Ori-D

    Bonjour,

    en diminuant la vitesse du vent la haie diminue l'évapotranspiration et l’asséchement du sol,

    autrement dit, elle protège les cultures contre le stress hydrique.

    Les pertes à proximité de la haie sont compensées par l'augmentation de production à l'intérieur de la parcelle sur 10 à 15 fois la hauteur de la haie: Augmentation des rendements globaux de 6 à 20 %.

    Si vous êtes intéressés par les haies en tant que outil agronomique (mais pas seulement...) je vous conseille la lecture de:

    Les haies rurales - LIAGRE Fabien Paris : Editions France Agricole , 2006, 319 p.

    "Ce livre expose les principales fonctions de la haie, sur la qualité de l'eau, la protection des sols, la biodiversité (auxiliaires des cultures et faune sauvage), et la production de bois déchiqueté, à des fins énergétiques mais aussi pour le paillage ou la fertilisation des sols."

    Bonne journée.

    Ori-D

  • Hugo 31

    Très enrichissant et bien expliqué, merci 🙂

    Il préconise qu'elle essence d'arbre ?

    L'investissement est il important ?

    Amicalement Hugo

  • Ori-D

    Bonjour,

    un projet agroforestier se construit sur mesure en fonction des objectifs préalablement définis mais aussi en fonction du sol et du climat. De façon générale les arbres double fin répondent bien aux objectifs de production de bois (d’œuvre=capital à forte valeur ajouté, donc de 200 à 2000€/m3, ou de chauffage) et de production de fruits intéressants pour le gibier. Exemple (Fruits et bois d'oeuvre): cormier, noyer, alisier, merisier. Souvent on préconise d'accompagner ces alignements d'arbres de haut jet avec une strate arbustive (prunellier, sureau, viorne lantane... mais là le choix est tellement vaste...). L'investissement varie en moyenne de 500/ha pour les grandes cultures à 1500/ha en présence de bovin au équin (cout des protections individuelles plus élevé). Une mesure d'aide (la mesure 222, mais qui n'a pas été activée de partout en France...) permet un co-financement FEADER-collectivités locales à hauteur maximale de 70% (préparation sol, plants, plantation, piquetage, protections, paillage). Un exemple en grande culture: 12 € TTC/arbre (projet, fourniture et livraison des plants, paillage, protections, suivi sur 3 ans)

    Dont 8 €/arbre d’aides (4,4 € FEADER + 3,6 € des collectivités territoriales) et 4 €/arbre à la charge du planteur, pour 50 arbres/ha = 200 € TTC/ ha

    Mais bon, chaque projet est unique et cousu sur mesure... 😃

    Bonne journée à tous!

    Ori-D

  • Hugo 31

    C'est vraiment l'idéal cette méthode ! t,1;op

    Dans quelles régions cette agriculture s'est elle le plus développé ?

    Amicalement Hugo 🙂

  • Ori-D

    Bonjour,

    le Languedoc R (héritage d'une très ancienne tradition agroforestière et forte implication de l'INRA de Montpellier) et le Midi-Pyrénées (surtout le département du Tarn, grâce à l'association Arbres et Paysage 32) sont les régions les plus avancées en terme de nombre et diversité de projets agroforestiers; mais d'autres régions comme la Bretagne, les Pays de la Loire et la Picardie (grâce à l'Institut Polytechnique La Salle Beauvais) sont en plein développement. De façon générale, les dynamiques de développement sont en train de s’amorcer un peu de partout en France. Peut être il y a des parcelles agroforestières pas loin de chez vous...

    Amicalement, Ori-D