J'ai un des pires - et finalement des meilleurs - souvenirs de chasseur lié à la résistance du mouflon. Par une chance inouïe, j'avais bénéficié du bracelet de classe III pour une journée, et j'étais accompagné d'une épée. Au printemps j'avais photographié ça.
Alors que nous avions fait grand chemin déjà, cinq animaux apparaissent au galop en crête venait vers nous et par une chance qui doit pousser au doute, j'avais les yeux à l'endroit pile et comme un seul homme nous avons mordu la pelouse avant d’être vus.
Un poil plus tard, après avoir rampé vingt mètres, les animaux sont à 240 m, une portée ultime. En attendant de pouvoir tirer un animal debout - ils se sont couchés- je peaufine les appuis de ma carabine sur des myrtillers et peut-être des bruyères - il ya trois ans - tandis que mon partenaire passe en revue les cinq bestiaux pour trouver le plus beau, que je pense être le héros de la photo ci dessus. Superbement calé, par une météo sans un souffle ou presque, je peux caler le réticule sur la truffe de la bête et y rester au grossissement de 10. Au bout d'une heure ou deux ils se lèvent. Mon partenaire prêt à doubler en cas de blessure, j'envoie la foudre. L'animal tombe comme une crêpe ratant la poèle, se débat vaguement au sol. Mon partenaire se relève à genou pour me féliciter. Le mouflon fait de même péniblement, dans un autre but et toute la troupe fonce vers le bois, notre animal en dernier, passant à 150 mètres de nous.
Nous envoyons trois balles et l'une d'elles percera le cornage du blessé. Chien de sang le lendemain, rien...
Six ou sept semaines plus tard, mon partenaire de chasse retrouve par hasard les restes du mouflon en chassant le cerf : il n'avait couru que 250 mètres pour mourir, le chien de sang avait poursuivi sur les autres animaux de la harde. Voici son cornage qui ne semble pas être celui de l’animal photographié au printemps.