Les tribulations d'un boulanger à la chasse aux sangliers
Sacré pompon s' il n’existait pas faudrait l’inventer.
Le Roger, boulanger de son métier, un jour décida alors qu’il était en retraite de faire ses premières
armes à la chasse , immigré de Montpellier sur la commune des Aires, c’est naturellement qu’il se tourna
vers cette chasse passionnante qu’est la chasse aux sangliers.
Bien entendu il n’avait pas choisi le plus simple pour commencer, mais il lui en fallait un peu plus pour le faire
trembler le pompon.
Il ne lui fallut pas longtemps pour mettre un ragot à son tableau de chasse, après quelques fabuleux loupés
il faut bien le dire! Mais dans le fond il était content de lui et fier de faire partie des grands surtout depuis le
jour où sous le village des Abbes il mit à terre un solitaire de plus de 90 kg.
Mais il a un gros défaut le Roger il passe son temps à reïneret souvent il nous escagasse avec ses discours
car depuis quelque temps il accumule les loupés, c’est mon point rouge qui est déréglé, l’armurier m’a dit que je
tirais trop bas , putaing ! j’en ai marre je vais changer la carabine ; un sournois au rendez-vous lui lance "c’est
pas la carabine qu’il faut changer mais le tireur", s’en suit un éclat de rire général.
Mais il lui en faut plus pour se démonter, il rit lui aussi de bon cœur, c’est un grand naïf mais tout de même le
doute commence doucement à s’installer
Dans l’équipe il y en a un ou deux qu’il n’apprécie pas, des rompe-figue* toujours là pour critiquer et se moquer
et le pompon quand il a quelqu’un dans le nez c’est quelque chose. Té vé ! qu’ils se risquent à la ramener ces
rastegues* et je leur fait avaler le dentier.
Nous sommes début novembre et en cette saison 2013/2014 le boulanger en est à son cinquième tir pour aucun
de tué, une vrai catastrophe, pour un peu il s’arracherait les mèches de cheveux qui lui reste de chaque côté de
la tête , pourtant je vous jure qu’il en prend soin de sa chevelure, enfin il cache surtout sa calvitie sous une belle
casquette et malheur à celui qui s’amuserait à lui découvrir le cabochon*.
La battue s’organise dans le Senal au tirage au sort il capite* le 47, Albert, dit le cavalier, tire le 46
c’est dans la rabassière* une ligne d’échappée prolifique si les ragots sont dans la traque
Ah ! il va se passer quicon* le caval cette année il a le fion bordé de nouille il y a toujours un sanglier
Qui vient lui renifler les chaussettes.
Le voilà parti avec son sac à dos, sa carabine ornée du viseur holo machin truc ; il suit le caval
la montée est un peu rude et il n’ouvre pas la bouche de peur de perdre le souffle, N°46 Albert s’installe, N° 47
30m plus haut c’est une charbonnière c’est à son tour de prendre ses marques il repère les coulées, casse une
branche ou deux qui pourraient le gêner , puis quelques rameaux de buis délicatement poser sur le séti * lui offriront
un confortable siège …maintenant il est prêt.


