Salut,
FABULOUS36, tu écris que tu n'as jamais entendu parler de problèmes mécaniques mais ce n'est pas pour cela que ça n'existe pas. Lire par exemple le hors série N° 2H de l'excellente revue « ARMES DE CHASSE » qui traite des petits calibres.
On peut y lire page 94, je cite le journaliste : « …j'ai pu étudier quatre fusils calibre 20, de marques établies, qui revenaient d'Afrique et d'Uruguay, détruits lors d'une semaine de chasse intense à la tourterelle ou aux grives.......trois d'entre eux étaient des light, bascule « alu »...
4 fusils calibre 20, dont 3 light, détruits en 1 semaine...Chaud quand même non, et significatif, même si les conditions étaient extrêmes...
Il existe de nombreux cas de déboires, voire de ruine totale, de bascules en alliage léger, ruines effectivement souvent consécutives, comme tu le précises, à une utilisation intensive, ou dans des conditions exceptionnelles de climat, de milieu, présence de sable, température de service élevée par exemple.
Personnellement, je ne tire plus plusieurs dizaines de milliers de cartouches par an. Peut être, bon an mal an 1000 à 2000 cartouches, peut être un peu plus. D’où le choix des B525 acier qui, je pense, peuvent encaisser plus.
Cela dit, il est, à mon sens en tous cas, des paramètres qui militent largement en faveur de l'acier, y compris lorsque l'on tire globalement peu, mais lorsque l'on tire « beaucoup » en peu de temps, au point de faire chauffer le fusil à la limite, ce qui est courant en été par exemple, lorsque tu te tires la bourre avec les collègues dans les trap saucisson .
Je vais essayer de te les exposer ici le plus simplement possible.
Les caractéristiques physiques des alliages légers sont, globalement, inférieures de celles des aciers. J'écris globalement car évidemment, cela dépend des nuances, des qualités et des traitements thermiques, etc, des aciers et des alliages légers considérés !
Je ne compare pas ici un S 235 avec 7075 T6, par exemple...mais plus un 7075 T6 avec un acier genre 42CrMo4 trempé revenu.
Mais pour faire très court et simple, les caractéristiques des alliages légers sont de l'ordre de grandeur de 3 fois inférieures à celles des bons aciers utilisés.
Et comme les caractéristiques mécaniques des « alu » sont inférieures, toutes choses égales par ailleurs, les déformations sont plus importantes.
Il est facile prendre en considération ces caractéristiques inférieures en terme de résistance des matériaux.
Il suffit de dimensionner correctement, c'est à dire de mettre les bonnes épaisseurs par exemple pour compenser les faibles caractéristiques mécaniques, de mettre des inserts en acier au tonnerre pour limiter le poinçonnement généré par le culot de la cartouche, de mettre des tourillons et autres axes en acier pour limiter l'usure, etc etc.
Mais il existe deux caractéristiques physiques dont on ne sait pas s'affranchir, c'est la dilatation des métaux, d'une part, et, d'autre part, l'allongement sous contrainte qui est une fonction du module de Young, 7000 pour « l'alu », 21000 pour l'acier...3 fois plus raide !
Quant au coefficient de dilatation, il est 2 fois plus important pour « l'alu » que pour l'acier, c'est à dire 12.10-6 pour l'acier et 24.10-6 pour « l'alu ».
La conséquence directe de ce différentiel de dilatation est que, lorsque le fusil chauffe, la bascule se dilate plus que le canon qui, lui, est en acier.
L'ensemble prend obligatoirement du jeu, ce qui évidemment nuit en terme de conditions de fonctionnement. Est il nécessaire de rappeler que la précision du basculage est fondamentale pour ce type d'arme ?
Pour prendre un exemple numérique, pour une longueur de 80 mm entre le tonnerre et l'axe de basculage, le différentiel de dilatation pour une augmentation de température de 60 degrés, est de 58 microns, soit 6 centièmes de millimètre.
Le canon prend donc un jeu longitudinal de 6 centièmes. Il est passé ou le fameux ajustage au contact, « à zéro », au noir de fumée que certains grands faiseurs de fusils se font un honneur de perpétuer avec juste raison me semble-t-il ?
Et bien entendu, ce phénomène est tridimensionnel et affecte toutes les interfaces acier/alu, y compris la bascule dans sa largeur, l'ajustement de l'axe de basculage dans ses alésages, par exemple...On ne peut quand même pas dire que cela soit très satisfaisant pour l'esprit, en tous cas pour le mien !
Et tout cela, tu ne le vois pas, bien sur, tout comme tu ne vois pas le gonflement du canon sous l'effet de la pression, les multipls déformations instantanées, etc etc qui existent dans les trois dimensions, évidemment.
C'est mon point de vue, certainement critiquable et je te répondrai avec plaisir si tel est le cas.
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