Contestation des chasseurs du Gers : « Rien ne nous oblige à tuer des sangliers »

Par Nicolas Liégeois | 26 juin 2024 à 14h49 13
sangliers charente
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Depuis quelques mois maintenant, la révolte des sociétés de chasse reste forte contre leur Fédération qui souhaite imposer une nouvelle taxe conditionnée par les dégâts causés par les sangliers. Ce malus destiné à couvrir les dépenses induites par l’activité des sangliers pourrait faire disparaître plusieurs associations de chasseurs dans le département.

Un bras de fer qui s’éternise.

Depuis plusieurs mois, les chasseurs de plusieurs sociétés de chasse se sont rassemblés pour demander à la Fédération d’assouplir ses règles concernant une nouvelle taxe liées aux dégâts causés par les sangliers. Cette nouvelle dépense met en péril la pérennité des associations de chasseurs qui ne peuvent pas toutes sortir les sommes demandées de leurs trésorerie sous peine de devoir déposer le bilan.

A plusieurs reprises, les représentants d’un collectif qui rassemble ces associations ont pu interpeller les dirigeants de la Fédération des chasseurs du Gers mais ces derniers ne comptent pas revenir sur cette décision qui a fait l’objet d’un vote lors de l’assemblée générale.

Le mouvement s’organise pour faire entendre le mécontentement des chasseurs qui concerne aujourd’hui près de 100 sociétés de chasse qui officient sur 100 000 hectares pour réguler le sanglier.

« Rien ne nous oblige à tuer des sangliers ».

Si les chasseurs sont, de fait, des acteurs majeurs de la régulation du sanglier dans notre pays, ils souhaitent que les dirigeants de la Fédération n’oublient pas que la chasse du sanglier est passée de la pratique d’une passion à une activité qui demande une vraie rigueur.

Auparavant, la chasse du sanglier ne se déroulait qu’un jour sur la semaine mais les battues sont parfois menées les samedis et les dimanches en plus de sorties effectuées dans la semaine si nécessaire. On ne parle ici que de battues car, en cas de réelle nécessité, les chasseurs mènent également des opérations de régulation à l’affût ou à l’approche dans les zones les plus peuplées par les suidés.

Les journalistes de La Dépêche ont pu rapporter les propos de Yoann Brandao, de la société de chasse de Preignan, qui se mobilise contre la mesure prise par la FDC du Gers :

« On nous donne la tâche de faire du prélèvement, ce qui est assez lourd pour nous. Nous ne sommes plus chasseurs, on ne fait plus ça pour le plaisir. Et c’est à nous de payer les pots cassés. Le sanglier est un problème d’intérêt général, il y a un risque sanitaire, ce n’est pas le problème des chasseurs. Rien ne nous oblige à tuer des sangliers. »

Ce dernier a récemment sollicité la préfecture pour qu’elle force la main des dirigeants de la Fédération de chasse à abandonner cette sanction financière qui met en péril les sociétés de chasse.

Il explique dans un courrier adressé au préfet que si les sociétés de chasse disparaissent et que les chasseurs cessent leurs prélèvements, les populations de sangliers vont exploser de plus belle et avec elles les dégâts, les accidents de la route ainsi que le mécontentement des agriculteurs.

De plus en plus de sociétés de chasse semblent rejoindre ce mouvement contestataire et leur nombre pourrait dans quelques jours atteindre la moitié des associations existantes sur le département, une grande première dans le Gers.

Article mis à jour le 26 juin 2024 à 14h49

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