Les Fédérations Départementales des Chasseurs deviennent de véritables productrices de connaissances scientifiques

Par Nicolas Liégeois | 20 mai 2026 à 08h38 10
Les Fédérations Départementales des Chasseurs deviennent de véritables productrices de connaissances scientifiques
Laisser un commentaire
Commenter

Balises GPS, baguages massifs, analyses génétiques : lors d’un séminaire national, plusieurs Fédérations Départementales des Chasseurs ont présenté des programmes de suivi scientifique qui n’ont rien à envier aux laboratoires de recherche. La gestion du gibier change de visage, discrètement mais sûrement.

La caille des blés, cobaye d’un programme de baguage inédit.

Près de 90 bagueurs mobilisés, 3 100 oiseaux bagués dans 54 départements en 2025 : les chiffres donnent le vertige.

Les chasseurs utilisent désormais la technologie pour faire remonter les données recueillies sur le terrain avec dans ce cas précis l’application Isigéo, qui permet de centraliser les données pour les rendre directement exploitables.

L’ambition ne s’arrête pas au simple comptage : il s’agit de comprendre plus précisément les dynamiques de population d’une espèce migratrice longtemps sous-documentée, pour sécuriser durablement sa chasse.

A lire aussi : Loi sur la louveterie : le président de la FNC dénonce des amendements passés en catimini

Du Pas-de-Calais au Loir-et-Cher, la technologie bouscule les certitudes.

Dans le Pas-de-Calais, le faisan commun est pisté à la balise GPS, photographié au piège caméra, ses déplacements analysés mètre par mètre… Une première année de faible reproduction n’a pas découragé la Fédération, qui a d’ailleurs choisi d’approfondir plutôt que de conclure.

Les résultats pointent une prédation intense et un lien direct entre qualité des habitats agricoles et succès de reproduction.

Denis Peltier, de la FDC de Loir-et-Cher est également intervenu sur le sujet concernant son secteur : « comprendre la baisse de reproduction, c’est accepter d’explorer des facteurs parfois dérangeants. »

En effet, dans ce département, la perdrix grise fait l’objet d’un suivi encore plus poussé, entre génétique, reproduction et pollution environnementale potentielle.

Dans l’Hérault, c’est la perdrix rouge et le lapin de garenne qui sont dans le viseur des chasseurs qui s’appuient sur des volières de reproduction et des suivis territorialisés pour suivre de près des populations qui peuvent être tantôt en déclin ou plutôt en trop grand surnombre comme c’est le cas pour le lapin en ce moment.

Ces initiatives locales dessinent, à l’échelle nationale, un réseau de connaissances dont la rigueur scientifique n’a plus grand-chose à envier aux institutions officielles. La preuve, s’il en fallait encore une, que la chasse Française ne se résume décidément pas au coup de fusil comme certains veulent le laisser croire…

Article mis à jour le 20 mai 2026 à 08h38

Vous avez aimé cet article ?

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières actualités de la chasse !

Commentaires

Rejoignez la discussion

Connectez-vous pour laisser un commentaire.