Lynx et chevreuils : quand la science valide le rôle indispensable du chasseur

Par Nicolas Liégeois | 19 mai 2026 à 11h25 25
réintroduction de lynx dans le Jura
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Une étude publiée récemment s’est penchée sur les effets de la prédation du lynx sur le chevreuil et le rôle de la chasse dans tout cela. Là où le lynx s’installe, les populations de chevreuils peuvent s’effondrer si personne ne régule le prédateur. Les chercheurs le disent clairement : le chasseur fait partie de la solution.

Un constat simple : le retour du lynx change la donne.

Le chevreuil se porte bien dans nos campagnes. Les chasseurs y sont pour beaucoup, avec des plans de chasse rigoureux, un suivi des populations et des prélèvements ajustés année après année. Mais l’équation change quand un grand prédateur entre dans le tableau.

C’est ce que démontre une équipe de chercheurs Norvégiens et Français après avoir modélisé 25 ans de cohabitation entre lynx et chevreuils.

Et leur conclusion surprend par sa franchise puisque le lynx ne se contente pas de prendre les individus affaiblis. Il cible les femelles reproductrices et maintient une pression de prédation élevée que le gibier soit abondant ou non.

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Résultat, là où le félin s’installe, la pression sur le chevreuil devient vite excessive si personne ne s’en préoccupe.

Protéger le lynx sans rien toucher d’autre, c’est condamner le chevreuil.

C’est l’un des scénarios testés par les chercheurs, et c’est le pire. Quand on arrête de réguler le lynx, ses effectifs augmentent rapidement et la prédation sur le chevreuil s’emballe avec eux.

Dans les zones où les densités de départ sont déjà faibles, les simulations aboutissent à un effondrement local des populations d’ongulés.

Ne chasser que le chevreuil sans s’occuper du lynx ne résout rien non plus, puisque les deux mortalités continuent de s’accumuler sur le même animal sans jamais alléger la pression globale exercée sur l’espèce.

La meilleure solution en vue : réguler les deux espèces.

Les chercheurs en viennent à la conclusion qu’une régulation appropriée est une solution adéquate et appellent ça la gestion adaptative.

Dans le cadre de l’étude, il ne s’agit pas de quotas comme sur ChassAdapt, mais cela signifie réduire les prélèvements de chevreuils quand les lynx sont nombreux, tout en maintenant une régulation du prédateur pour éviter que sa population ne dépasse ce que le territoire peut absorber.

Ce raisonnement, les chasseurs le tiennent depuis longtemps car lorsqu’il y a moins de gibier disponible, le plan de chasse est revu à la baisse et lorsqu’un territoire est déséquilibré, la régulation devient nécessaire.

Dans les régions où le lynx progresse, le débat sur sa protection totale est souvent présenté comme un choix entre nature et chasse. Cette étude rappelle tout de même implicitement que ce sont précisément les chasseurs qui maintiennent l’équilibre en étant une variable d’ajustement idéale entre les espèces.

Source : Adaptive harvesting of two trophic levels stabilises predator–prey dynamics. Simulations with Eurasian lynx and European roe deer

Article mis à jour le 19 mai 2026

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