Seine-et-Marne : pourquoi des cadavres de sangliers jonchent les champs à certains endroits ?

Par Jacques Cheval | 22 avril 2020 à 11h22 63
Seine-et-Marne : pourquoi des cadavres de sangliers jonchent les champs à certains endroits ?
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La « polémique » commençait à enfler chez les chasseurs en Seine-et-Marne. En effet, depuis plusieurs jours maintenant des sangliers sont retrouvés morts au milieu des champs, parfois plusieurs côte à côte, de quoi susciter questionnement et angoisse pour les territoires concernés.

Néanmoins la raison fut vite connue : ces sangliers ont été abattus par des lieutenants de louveterie sur demande de la préfecture du département, décidément sous les feux des projecteurs en ce moment (voir notre article sur les rondes effectuées par les gardes-chasse début avril). En outre, en cette période de confinement, la préfecture a demandé de ne pas porter les cadavres d’animaux prélevés à l’équarrissage, puisque ces services sont actuellement fermés, l’ordre est donc de laisser les animaux sur place…

On imagine forcément la frustration pour les chasseurs des secteurs concernés, mais un coup de téléphone au directeur de la fédération des chasseurs, Bruno Mollot, nous a permis d’en savoir un peu plus sur cette situation exceptionnelle.

Les années précédentes, pour protégér les semis, la FDC77 avait mis en place un système très efficace d’effarouchement. La nuit, des « patrouilles » composées de chasseurs en majorité, circulaient autour des zones sensibles afin d’effaroucher les sangliers au moyen de source lumineuse et de pistolet d’alarme. En cette époque d’avril-mai où la chasse est d’ordinaire totalement fermée, ces effarouchements donnent de bons résultats, tout en évitant ce qui est en train de se passer actuellement, à savoir tuer les sangliers (soit par des louvetiers, soit par battue administrative). Sauf que cette année, crise du coronavirus oblige, la préfecture n’a pas souhaité autoriser ces effarouchements afin de limiter la circulation des personnes.

Les sangliers eux de leur côté ne restent pas confinés dans les bois, d’autant que l’agrainage d’habitude pratiqué en cette période ne l’est quasiment plus lui non plus (bien qu’il soit de nouveau autorisé sous certaines conditions). Ainsi devant une situation que personne n’a choisie, la préfecture en accord avec la FDC a pris un arrêté pour autoriser les louvetiers à intervenir sur certaines zones bien définies de type « point noir ».

Cette situation, Bruno Mollot la regrette, mais comme il a tenu à le rappeler, il est du devoir de la fédération d’intervenir pour préserver un maximum les cultures, afin d’éviter une énième année d’augmentation du montant des dégâts. Toujours d’après le directeur de la fédération des chasseurs, ces tirs ont été stoppés hier car un nouvel arrêté autorise les agriculteurs, et seulement eux, à pratiquer de nouveau l’effarouchement.

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