Tir des sangliers durant les récoltes : « une décision déconnectée de la réalité des campagnes » selon la CR

Par Nicolas Liégeois | 3 juillet 2025 à 09h30 15
dégâts de gibier
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Lors des accords passés entre l’État, les agriculteurs et les chasseurs pour lutter contre la prolifération des sangliers, une « boite à outils » a été mise en place. Cette boite a outils est une série de mesure permettant aux chasseurs de frapper fort en ce qui concerne la régulation des sangliers mais ces mesures se sont retrouvées amputées d’une disposition relativement importante : le tir des sangliers sur les parcelles en cours de récolte. Les agriculteurs de la Coordination Rurale ont d’ailleurs communiqué sur le sujet, expliquant que cette décision était totalement hors-sol.

Une mesure supprimée de la boite à outils.

La « boite à outils » mise en place par le gouvernement avec les chasseurs et les agriculteurs, est une série de mesures permettant aux chasseurs de tirer plus librement les sangliers. Les prélèvements plus nombreux et une pression cynégétique accrue a pour but de faire diminuer d’au moins 30% les dégâts dans les cultures à moyen terme, mais le Conseil d’État a décidé de supprimer l’une des mesures qui avait le plus d’impact pour les agriculteurs.

En effet, il était prévu d’autoriser le tir des sangliers à poste fixe à proximité des parcelles en cours de récolte. Cette pratique était jusqu’ici interdite puisque le droit Français interdit l’usage d’un véhicule pour pousser le gibier à ce déplacer.

C’est d’ailleurs dans ce cadre que le Conseil d’État a jugé la mesure comme non compatible avec la législation et a donc mis ce droit sur la touche.

Une décision hors-sol pour les agriculteurs.

Cette pratique devait permettre aux chasseurs de prélever directement les sangliers qui sortiraient des cultures tandis que les machines sont en plein travail. Même si ce n’est pas dans ce cadre que les prélèvements sont les plus nombreux, cela permettait aux agriculteurs de se sentir réellement soutenus et de voir de leurs yeux les effets de la fameuse boite à outils.

Bien que tout le monde ne soit pas du même avis sur la mise en place du tir durant les moissons, c’était tout de même une mesure forte du plan de diminution des dégâts qui se retrouve amputé d’un accord relativement important, qualifié à l’époque d’historique.

Pour la Coordination Rurale qui a communiqué sur le sujet hier, le Conseil d’État se trompe de cible en visant les chasseurs et leurs droits vis à vis du gibier car il ne s’agit pas de chasse mais bien de destruction en protection des cultures :

« Pour la Coordination Rurale, cette décision remet en cause l’accord national signé le 1er mars 2023 avec les principales organisations agricoles (FNC, FNSEA, Jeunes Agriculteurs, Confédération paysanne, Coordination Rurale) et les ministères concernés, visant à renforcer la régulation des populations de sangliers.

« Une décision déconnectée de la réalité des campagnes »

Alors que les moissons s’apprêtent à débuter, cette interdiction prive les agriculteurs d’un outil de protection directe. La Coordination Rurale rappelle que le tir en moisson ne relevait pas d’un acte de chasse mais d’une mesure de défense agricole. Pour le syndicat, cette décision reflète une fois de plus le fossé entre des juges coupés du terrain et les réalités agricoles. Ce sont les agriculteurs, et non les chasseurs qui en supporteront les conséquences économiques et sanitaires. »

Article mis à jour le 3 juillet 2025 à 09h30

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