Trop de cerfs et de chevreuils dans les forêts selon la Cour des comptes qui souhaite que l’OFB et l’ONF régulent ces espèces

Ce mardi, la Cour des comptes a publié un certain nombre de documents qui entrent dans son rapport public annuel. Pour cette année 2024, de nombreux enjeux en rapport avec l’environnement et le réchauffement climatique sont cités dont la gestion des forêts de France. A cette occasion, la gestion des populations de grand gibier et notamment des cervidés à été mise sur la table. La Cour des comptes considère qu’il y a trop de cervidés dans nos forêts et que les chasseurs ne doivent pas être les seuls à réguler l’espèce.
« Le retour à l’équilibre ne peut être confié aux seuls chasseurs »
Les chasseurs sont aujourd’hui malmenés par quelques écologistes radicaux mais les missions de service public qu’ils remplissent permettent tout de même à la société d’éviter le pire.
Malgré leurs interventions, la Cour des comptes estime qu’il y a aujourd’hui bien trop de cerfs en France et qu’il est nécessaire de prendre des mesures. Dans la partie de son bilan intitulé « La gestion durable de la forêt métropolitaine, quelle adaptation au changement climatique? » la Cour des comptes rappelle que le déséquilibre sylvo-cynégétique met en danger nos forêts.
Les graves incendies de ces dernières années ont fragilisé les forêts de France et l’appétit des cervidés pour les jeunes pousses met en péril leur renouvellement.
De plus, le plan de chasse national a évolué drastiquement avec l’augmentation importante des populations de cervidés, passant de 2 339 en 1973 à 108 438 en 2021.
Pour remédier au plus vite à cette situation et faire baisser les populations de cervidés, la Cour des comptes préconise donc que « Le retour à l’équilibre ne peut être confié aux seuls chasseurs » et que les agents de l’État doivent prendre part à l’abattage massif des cervidés de France :
« Les opérateurs publics de l’État (ONF, CNPF, office français de la biodiversité (OFB)) pourraient être chargés, à titre expérimental, de réguler les populations de cervidés sur les secteurs très dégradés. Cette mission, qui augmenterait le niveau de prélèvements, serait de nature à réduire le montant des aides allouées à la mise en place de protections. »
Pour les élus, la réponse est plutôt non.
Différents hauts fonctionnaires ont pu répondre à cette préconisation de la Cour des comptes et de manière générale, la réponse est plutôt non.
Pour le ministre de la Transition écologique et le ministre de l’Agriculture, les organisations de l’État n’ont pas vocation à prendre part à la régulation des espèces même si pour Marc Fesneau, cette situation pourrait changer :
« Les établissements publics de l’ONF, du CNPF et l’Office Français de la Biodiversité ont un rôle majeur à jouer sur ce sujet mais il ne leur appartenait pas jusqu’à présent de mener directement des actions de régulation par la chasse. »
En ce qui concerne la Directrice Générale de l’ONF, elle considère que l’accent doit avant tout être mis sur l’augmentation significative des plans de chasse :
« Une fois les plants disponibles, le renouvellement des peuplements forestiers nécessite, comme le souligne la Cour, de rétablir l’équilibre forêt-gibier. Cela peut nécessiter, comme proposé dans la recommandation n° 4, une plus grande implication des établissements nationaux dans l’acte de gestion des populations de cervidés. Nous considérons toutefois que la reprise en gestion de lots de chasse par l’ONF doit rester limitée et conserver une valeur d’exemplarité. Aussi, il nous semblerait opportun de mettre prioritairement en exergue l’importance d’augmenter significativement les plans de chasse des cervidés, car cet enjeu concerne des superficies beaucoup plus importantes de forêt ».
Pour le Directeur Général de l’OFB, l’augmentation significative des plans de chasse reste la mesure la plus importante à mettre en place mais il n’est pas opposé à l’intervention des ses agents sur des zones ciblées et dans un contexte spécifique, aussi bien pour le cervidé que pour le sanglier :
« Néanmoins, je ne suis pas opposé à la participation d’agents de l’OFB pour des actions de régulation ciblées dans certains contextes spécifiques qu’il conviendrait alors de définir (zones péri-urbaines particulièrement risquées, certaines aires protégées, etc.). Ainsi les chasseurs conserveraient le premier niveau, les louvetiers le second et les agents publics – dont les agents de l’OFB – le troisième niveau. L’OFB reste également prêt à contribuer à des opérations de régulation dans des cas spécifiques, par exemple pour des enjeux sanitaires (peste porcine africaine pour les sangliers ou brucellose pour les bouquetins). »
Du côté des chasseurs, la nouvelle risque de faire grincer des dents.
Pendant des mois, les chasseurs subissent les attaques de la part des élus écologistes ainsi que d’associations qui les empêchent de pratiquer correctement leur passion et par la même occasion, de mener à bien leurs missions de régulation.
Lorsqu’un cerf est prélevé en forêt de Mormal, les écologistes ruent dans les brancards, en forêt de Compiègne, les veneurs sont la cible d’AVA mais partout ailleurs, les chasseurs sont la cible de quelques groupuscules anti-chasse qui viennent pour saboter la chasse.
A cela s’ajoutent les nombreuses taxes et règlementations qui brident toujours plus les chasseurs dans la pratique de leur passion.
Dernièrement, nous avions évoqué la possibilité que les chasseurs soient rémunérés pour service rendu à la nation suite à des propos tenus par Willy Schraen lors de son discours d’ouverture du Congrès National de la chasse. Finalement, il semblerait qu’on ne soit pas si loin de la réalité car sans une régulation importante du grand gibier dans nos forêts, la France devra faire face à de nombreux problèmes d’ordre économiques.
La solution ne serait-elle pas tout simplement de laisser les chasseurs tranquilles? Beaucoup diront que si ces derniers étaient un minimum soutenus par l’administration, les plans de chasse seraient assurément plus faciles à réaliser…
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