Venaison : simplifier les procédures pour avoir du gibier dans les commerces locaux

Depuis l’arrêté ministériel du 26 juin 2024, la Fédération nationale des chasseurs teste une organisation inédite. Elle espère ainsi sortir la viande de gibier de l’ombre et la faire arriver plus facilement sur les tables du voisinage.
Six morceaux pour les artisans du coin.
L’expérimentation nationale change une habitude ancienne. Des chasseurs autorisés peuvent maintenant dépouiller une carcasse de grand gibier et la découper en six morceaux, dans un cadre sanitaire strict.
Ils peuvent ensuite vendre ces pièces directement à un boucher, un restaurateur, un traiteur ou un commerce de proximité, à condition que l’acheteur se trouve dans un rayon de 80 kilomètres.
La première transformation se fait ainsi au plus près des territoires de chasse, les transports se raccourcissent et les professionnels s’approvisionnent plus simplement. Le consommateur y gagne une viande de proximité, issue du milieu naturel et dont il peut suivre le parcours.
Un gibier qui échappe aux statistiques.
La FNC part d’un constat un peu paradoxal car si les prélèvements de grand gibier sont importants, la venaison reste discrète dans les circuits alimentaires organisés. Une bonne part se consomme en dehors de tout réseau commercial, ce qui la rend presque impossible à mesurer.
Les circuits courts ne représenteraient que 9 % des volumes, et les circuits longs seulement 3,5 %. Ces derniers restent nécessaires, mais leur construction demande du temps et de gros investissements. D’où le choix de commencer par la vente de proximité.
La Direction générale de l’Alimentation, avec laquelle la Fédération travaille depuis plusieurs années, a d’ailleurs confirmé de nouveaux assouplissements après des mois de discussions.
Le véhicule frigorifique du commerçant pourra désormais transporter les morceaux entre le local de chasse et le magasin, tout en restant sous la responsabilité du chasseur.
Les contrôles sanitaires ne bougent pas, seule la paperasse s’allège et l’État, les collectivités, les fédérations départementales et les artisans devront maintenant avancer ensemble pour faire de cette filière une réalité.
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