Un agriculteur inquiété à cause du castor : « L’OFB a perdu le bon sens »

Par Nicolas Liégeois | 31 janvier 2025 à 14h04 17
Un agriculteur inquiété à cause du castor : « L’OFB a perdu le bon sens »
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Depuis quelques jours, l’affaire de l’agriculteur auditionné devant la justice pour avoir enlevé le barrage d’un castor qui inondait ses terres fait beaucoup parler dans les médias et sur les réseaux sociaux. Politiciens, journalistes et personnalités publiques se sont emparées de cette histoire, devenue presque symptomatique de l’opposition régulière entre l’OFB et le monde agricole puisque là encore, les deux points de vue diffèrent.

Pour l’agriculteur, « L »OFB a perdu le bon sens ».

Dans l’affaire du barrage de castor en Saône-et-Loire, l’agriculteur incriminé a décidé de réagir face aux journalistes du Figaro dans une vidéo qui retrace son affaire.

Il y explique que sa parcelle était totalement inutilisable à cause d’un castor qui venait fabriquer un barrage dans un ruisseau qui court le long de ses terres. Il n’a jamais vu le castor et ne lui a jamais causé de tort mais il a simplement décidé d’enlever le barrage afin que l’eau s’écoule normalement jusqu’à la rivière voisine et pour que le castor se déplace de quelques centaines de mètres.

Il revient ensuite sur ses déboires avec l’Office Français de la Biodiversité jusqu’à être auditionné devant un tribunal.

« C’est typiquement une belle histoire qui permet de taper sur l’OFB ».

Lors de son audition devant les députés du groupe de travail concerné, Olivier Thibault a été interrogé par un élu sur cette histoire. Pour lui les choses sont claires : « C’est typiquement une belle histoire qui permet de taper sur l’OFB ».

Le Directeur Général de l’OFB énonce alors une version qui diffère des explications fournies par l’exploitant :

« Le castor est une espèce protégée, ce n’est pas nous qui l’avons décidé, c’est une espèce protégée. On savait que le castor revenait dans le territoire en question en Saône-et-Loire. Notre chef du service départemental a été voir, en 2023, l’élu représentant agricole en question. Il lui a dit que le castor arrivait et que ça risquait de poser des problèmes, qu’il fallait qu’on s’en parle, qu’on était capables de réagir. En 2023!

Cet agriculteur a choisi de ne pas en parler, de ne pas mentionner le truc, de régler le problème tout seul et en disant tout autour de lui qu’on vienne le chercher si on veut faire quelque chose.

Il se fait dénoncer par des voisins, on se fait saisir sur ‘ah bah tiens il y a un sujet, allez voir, faites le constat’, on fait le constat et on voit que, effectivement, il a détruit les barrages de castor, qu’il en a pas parlé et qu’il n’a pas demandé.

On cherche à trouver des solutions. On propose, nous OFB à la DREAL (Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) la façon de régler le problème.

L’OFB a proposé la destruction de 2 barrages, l’écrêtement du deuxième plus utilisé et l’écrêtement du troisième. C’est l’OFB qui l’a proposé, pas l’agriculteur.

On discute avec le procureur et on lui dit : nous de notre point de vue, nous avons collectivement intérêt à montrer qu’il a fait une faute et que c’est quand même mieux qu’il soit condamné parce qu’il a fait une faute mais l’enjeu n’est pas financier, il faut marquer le coup pour que la prochaine fois, les gens aient le réflexe d’en parler et chercher des solutions plutôt que de se retrouver devant un tribunal.

Il y a eu un avertissement pénal probatoire, ça, ça veut dire en français qu’il a été condamné et reconnu coupable d’avoir fait une faute sans sanction financière.

Et là, au lieu de dire « oui la prochaine fois je demanderais, etc. », il interpelle les médias en disant « vous avez vu, l’OFB s’est plantée, j’ai réussi à gagner, il faut donc faire ce qu’on veut chez soi et venez pas nous embêter avec le castor.

Ce n’est pas comme ça qu’on trouve des solutions ensemble. Pour nos agents c’est difficile car ils ont été en accompagnement, en prévention, ils ont cherché à ce qu’il n’y ait pas de conflit et ils s’en prennent plein la figure par derrière par les médias interposés.« 

Une vision de l’affaire relativement différente de ce qu’exprime l’agriculteur et on voit là clairement que les ressentis sont aux antipodes.

Article mis à jour le 31 janvier 2025 à 14h04

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