Avec mes remerciements à son auteur pour chaque Noêl avoir posé dans mes souliers, un livre...le plus beau cadeau...
LE CHASSEUR ETAIT POETE ET ECOLO
Un poète chasseur chassait en dilettante
et ne voulait tuer disait il que le temps.
C'était un homme de détente.
Contre le bout portant,
Contre le coup fourré.
Mais pour les bonnes siestes dans les chauds fourrés
Et pour la non violence
Il daignait accorder au gibier une chance.
Ce pacifiste né, écolo par nature,
Était pour l'ouverture.
Au lieu que de tirer, il trouvait mille excuses.
Il feignait de dormir debout, l'arme au pied,
Ou alors il croisait les vers avec sa muse,
En comptant sur ses doigts, le nombre de ses pieds.
Il soupesait les mots
et mesurait les gestes.
Jamais un pied de trop,
Ou même de travers.
Cependant, quelquefois, la jambe un peut trop leste,
Il tirait volontiers un petit coup en l'air.
A côté de la cible,
Pour faire s'envoler plus loin tous les oiseaux,
Conscient d'avoir visé, ou trop bas ou trop haut,
Pour mieux les protéger des chasseurs irascibles,
Venus là pour tuer tout gibier sans égard.
Avant que de danser plus tard la carmagnole,
Tout autour d'un buffet dit "buffet campagnard",
Arrosé d'apéros de bons vins et de gnôle.
On mangeait sur le pouce
Et le cul dans la mousse,
On marchait au sans plomb,
Au milieu des flonflons,
Aux accents de folklore.
Mais chacun respectait et la faune et la flore.
Le poète gagné par cette frénésie,
Trouvait là l'occasion de de rimer de plus belle
La plume dans le vent, avec de simples mots,
Il chantait les oiseaux,
Sifflait les alouettes
En buvant pour tirer la chasse à la luette.
Quelque fois pour pousser un bon pâté maison,
Ou pour franchir gaiement le mur du saucisson.
Mais le saucisson sec, donnant la bouche sèche,
Et comme s'il voulait garder l'haleine fraîche,
Il remplissait un verre, buvait à petits coups
Et s'envoyait en l'air par le trou de son cou.
Un jour comme il buvait à même la bouteille,
A cause des abus qu'il avait fait la veille,
Il crut voir, dans le ciel parmi les palombes,
Son animal totem une blanche colombe.
Icelle s'en allait jouant à pigeon vole
Au caprice d'Eole.
Ses ailes en s'agitant à petits coups rythmés,
Envoyait les messages,
Aux chasseurs affamés,
et à tout leur fromage :
" Je prends le dernier vol pour le moyen orient...!
Ou j'ai bien mieux à faire,
moi qui suis de la paix une humble messagère.
Tu n'es qu'un vieux chasseur aimant trop les banquets
Tu me manques déjà...! tu m'as toujours manqué..."
Et il me manque aussi.