Quelques explications supplémentaires:
En Gaspésie, la région où demeurent les chasseurs de la photo, les gens ont traditionellement vécu de la pêche, de la foresterie et des mines. Contact permanent avec la nature faisant ainsi que la chasse est en quelque sorte un naturel. Personne n'a honte de s'afficher comme chasseur, bien au contraire, et pas besoin non plus de faux fuyants de toutes sortes pour aller se chercher un lunch dans la forêt.
Il n'y a pas si longtemps encore, il y avait congé scolaire lors de la chasse à l'orignal. Aujourd'hui, il y a un poste de radio (Radio Shack!!!) qui diffuse à heures fixes à l'intention des chasseurs en forêt: une urgence...un accident...une grosse nouvelle...Toujours utile, lorsque tu dois passer une semaine dans le bois.
Tout le monde sait que cette chasse est exigeante --ce n'est catégoriquement pas pour les âmes sensibles ni pour les hommes-femmelettes--: ils sont fiers de leurs prises et leurs exploits sont appréciés. En contrepartie, pour ce qui est de leurs récits...(!!!) les chasseurs et les pêcheurs n'ont pas plus de crédibilité qu'un vendeur d'autos usagées...donc, des preuves...d'où les photos.
L'abondance du gibier provient tout simplement d'une gestion intelligente de la ressource de la part de l'état. S'il est permis une bête pour deux chasseurs, aucune crainte pour le cheptel qu'il faut d'ailleurs contrôler. Faut pas oublier que les 6 orignaux se partageaient sur 12 chasseurs.
Un gibier sauvage donne peu de viande en comparaison d'un bovin. Une fois les os, le gras, les nerfs enlevés, la viande est généralement empaquettée par portion sous vide. Elle se conserve très bien. Les pertes sont rares. C'est un met courru. Dans mon cas, plusieurs personnes m'ont demandé avant même de partir de ne pas les oublier... ''si jamais j'en avais trop...''
Ce n'est qu'un estimé, mais à l'oeil, le gros orignal du centre ne devrait pas retourner beaucoup plus que 200-225 kg de viande.
Bien sûr, faut l'équipement en conséquence. ''Tu abats une bête...soit, mais organise-toi pour la récupérer; zéro échappatoire''. C'est alors qu'un 4 roues avec un treuil est comode. Suffit de se couper un sentier avec une scie mécanique et la sortie du bois est réglée. Bien entendu, faut éviter de chasser les endroits impossibles comme un marécage innacessible. Un ravin fait partie des obstacles plutôt ordinaires.
À voir l'abri pour pendre les carcasses (faut les faire refroidir le plus rapidement possible; le toit, c'est pour couper le soleil) les gens de la photo sont bien installés. Ils ne le diront jamais mais je gagerais gros que le bois qui a servi à la charpente a été coupé sur place. (Je pense savoir qu'ils disposent d'un moulin à scie portatif.)
Pour ce qui est du fardier, ils n'auraient pu circuler comme cela dans une grande ville sans s'attirer de hauts cris. Nous aussi, nous avons nos antis. Personnellement, même si je les considère comme des complèxés prêts à enfourcher n'importe quelle cause pour se faire valoir, nous évitons quand même de les provoquer. Mon groupe utilise une remorque fermée.
Notre départ: du 09 au 15 novembre dans Papineau-Labelle. Combiné orignal-chevreuil.