Vente de cartouches chez les buralistes : le Président des chasseurs remet l’église au milieu du village

Comme nous l’avons indiqué récemment, les buralistes pourront prochainement vendre des cartouches auprès des chasseurs et des tireurs sportifs. Cette nouvelle fait grand bruit dans les médias et les chasseurs sont encore une fois accusés d’avoir bénéficié d’une décision du gouvernement en leur faveur. Willy Schraen, Président de la Fédération Nationale des chasseurs est revenu sur le sujet pour remettre les pendules à l’heure.
Les chasseurs n’ont pas été consultés avant la mise en place de cette mesure.
A partir du 1er janvier prochain, les buralistes pourront proposer à la vente des munitions pour les chasseurs et les tireurs sportifs dans le respect de la législation en vigueur.
Une information qui a rapidement buzzé sur internet et même dans les journaux traditionnels.
Forcément, les anti-chasse voient cette mesure d’un très mauvais œil, à une époque ou ces derniers tentent par tous les moyens de faire interdire toutes les pratiques cynégétiques.
Pourtant, contrairement à ce que plusieurs acteurs ont pu affirmer, les chasseurs n’étaient pas au courant de cette nouveauté comme l’indique Willy Schraen à travers un message diffusé sur les réseaux sociaux :
« Chers amis chasseurs,
Je souhaite porter à votre connaissance que la Fédération Nationale des Chasseurs n’était nullement au courant que le ministère souhaitait lancer la vente de cartouches chez les buralistes. Aucune surprise de n’avoir pas été associé à cette réflexion, puisque comme vous le savez, les fédérations n’ont pas vocation à s’immiscer dans les discussions qui peuvent avoir lieu entre l’État, les fabricants de cartouches, le Snafam Officiel et la chambre syndicale des armuriers.
Néanmoins, il semblerait que cette annonce n’ait pas fait l’objet d’un accord préalable avec la Chambre syndicale des armuriers, ce qui a pour conséquence de suspecter les structures fédérales d’avoir œuvré pour une vente de cartouches chez de nouveaux dépositaires. Ce n’est clairement pas le cas !
Je suis comme vous, interrogé par les journalistes qui nous parlent à nouveau d’accord « pro chasse » avec le Gouvernement. Il n’en est rien, même si l’approche de l’État n’est pas dénuée d’intérêt pour certains chasseurs isolés – à condition bien sûr que les cartouches vendues chez les buralistes proviennent exclusivement de chez l’armurier le plus proche – mais comme je vous le redis, cela fera l’objet de négociations entre les différents acteurs de ce dossier, et la FNC n’est pas directement concernée.
Il était important que les choses soient clairement expliquées, vu le déchaînement médiatique que cela semble initier. »
Une mise au point nécessaire pour clarifier la situation alors que bon nombre d’opposants à la chasse accusent déjà les chasseurs de France de s’être acoquinés avec le gouvernement pour promouvoir cette autorisation.
De leur côté, les anti-chasse utilisent à tour de bras l’argument de l’insécurité, prenant exemple des fusillades qui ont éclaté récemment dans notre pays pour affirmer qu’il n’est pas logique d’autoriser la vente de munitions aux buralistes.
C’est un raccourci qui n’a pour objectif que de nuire encore une fois aux chasseurs car tout le monde sait pertinemment que les armes utilisées lors des attaques sont totalement différentes. Bien évidemment, les cartouches pour le calibre 16 hérité de papy ne rentrent pas dans les armes automatiques utilisées par les criminels, qui n’ont que faire de la vente légale pour trouver leur arsenal.
La vente de cartouches chez les buralistes, une fausse bonne idée?
Difficile de prédire l’avenir mais cette mesure n’est peut-être pas si incongrue qu’il n’y paraît. La nécessité aujourd’hui de déclarer ses armes sur le SIA et de présenter un document attestant que l’on est en droit de se procurer des munitions facilite aujourd’hui la vente de ces produits d’un point de vue légal.
Auparavant, de nombreuses armes étaient en circulation suite à des héritages ou des achats non contrôlés par les servies de l’État. Depuis la mise en place du SIA et des campagnes d’abandon d’armes organisées par l’administration, il est logiquement obligatoire d’être totalement en règle pour pouvoir acheter des munitions.
Dans tous les cas, la mesure sera bénéfique pour les chasseurs qui doivent parfois parcourir de grandes distances pour se rendre dans une armurerie et pourra alors rendre les choses plus pratiques pour ces derniers comme le rappelle Willy Schraen.
De plus, cela peut également dynamiser l’activité de certains buralistes qui aimeraient apporter un service supplémentaire dans des régions ou une part importante de leur clientèle se rend régulièrement à la chasse.
Quoi qu’il en soit, des cartouches seront à la vente chez les buralistes dans un peu plus d’un mois et tout le monde suivra certainement de très près la mise en place de cette mesure.
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