La LPO et le WWF achètent plus de 500 hectares du marais de Mazerolles et soulèvent des inquiétudes

La LPO et WWF France viennent d’acquérir 582 hectares au cœur des marais de Mazerolles, dans la vallée de l’Erdre. Une annonce qui ne laisse pas les chasseurs de gibiers d’eau de Loire-Atlantique indifférents. Dans un communiqué daté du 26 mars 2026, leur association pointe les zones d’ombre d’une opération vendue comme une victoire pour la biodiversité.
Un achat à 3,7 millions d’euros qui appelle des comptes.
Acquérir 582 hectares de marais, c’est bien, savoir qui paiera pour les entretenir, c’est mieux. La récente acquisition de 582 hectares du marais de Mazerolles en Loire-Atlantique par la LPO et le WWF soulève de nombreuses questions et a déclenché une communication de la part des chasseurs de gibier d’eau du département.
L’Association des Chasseurs de Gibiers d’Eau de Loire-Atlantique (ADCGELA) partage l’objectif de préservation des zones humides mais elle ne cache pas son étonnement face au prix affiché par la transaction, estimé à 3,7 millions d’euros, soit environ 5 000 euros par hectare, très au-dessus des tarifs habituellement encadrés par la SAFER pour des prairies inondables ou inexploitables agronomiquement.
L’association s’interroge sur les raisons qui ont conduit la SAFER à ne pas réguler cette vente et redoute qu’une telle opération crée une jurisprudence foncière défavorable au monde agricole en Loire-Atlantique. La demande de transparence sur les financements publics mobilisés est donc au cœur du communiqué.
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Un terrain dégradé qui réclame une gestion lourde.
Sur le fond, l’ADCGELA dresse un état des lieux peu reluisant du site nouvellement acquis.
La jussie, plante invasive particulièrement coriace, a fortement colonisé une partie des parcelles, au point que l’avifaune y est aujourd’hui quasiment absente.
Un comble pour une acquisition présentée comme un refuge pour les oiseaux. Plus préoccupant encore, la digue est déjà fortement dégradée. Les ragondins, en creusant leurs galeries dans les berges et les ouvrages hydrauliques, font peser un risque réel d’effondrement sur certaines portions.
Sans intervention rapide, c’est l’équilibre hydraulique de l’ensemble du marais qui pourrait être compromis. Ces travaux de remise en état, techniques et coûteux, exigent une réponse concrète sur leur financement.
Des sangliers en embuscade.
L’association soulève par ailleurs un risque moins attendu. Sans gestion active et régulière, ces vastes espaces pourraient à terme se transformer en refuges pour les sangliers, avec les conséquences que cela implique sur les cultures voisines et la sécurité routière.
L’ADCGELA demande explicitement que la LPO participe au financement des dégâts de grand gibier si cette situation venait à se produire.
Des garanties exigées, une concertation réclamée.
Pour sortir de l’incertitude, les chasseurs de gibiers d’eau réclament leur place dans un comité de gestion aux côtés de la Fédération Départementale des Chasseurs.
Ils proposent qu’un organisme neutre et extérieur réalise un premier bilan écologique dans un délai d’un an, suivi d’une seconde évaluation dans cinq ans. En cas de résultats décevants, ils entendent que la LPO rembourse les subventions publiques perçues dans le cadre de cette acquisition.
Acquérir un marais est une chose. Le gérer sérieusement en est manifestement une autre. Et sur ce point, les chasseurs de gibiers d’eau ont bien l’intention de ne pas rester simples spectateurs.
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