Cette année encore, le gouvernement récidive sur l’interdiction de la chasse du Courlis cendré et de la Barge à queue noire

Par Nicolas Liégeois | 10 juillet 2026 à 11h16 13
Cette année encore, le gouvernement récidive sur l’interdiction de la chasse du Courlis cendré et de la Barge à queue noire
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Le ministère de la Transition écologique a ouvert le 3 juillet une consultation publique sur un projet d’arrêté qui prolongerait jusqu’au 1er juillet 2027 la suspension de la chasse du courlis cendré et de la barge à queue noire. Cette nouvelle échéance intervient alors même que l’avis rendu par les instances consultées n’allait pas dans le sens souhaité par le gouvernement.

Les deux espèces restent concernées par la prolongation du moratoire.

Le Courlis cendré fait l’objet d’un plan d’action international adopté en 2015 par les pays signataires de l’accord AEWA sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs, plan auquel la France est engagée et qui conditionne toute réouverture de la chasse à la mise en place d’une gestion adaptative des prélèvements.

Sa chasse est donc suspendue de façon continue depuis que le Conseil d’État a annulé, à l’époque, l’arrêté qui autorisait le prélèvement de six mille individus lors de la saison 2019-2020.

Pour la barge à queue noire, la situation est plus complexe encore puisqu’on distingue deux sous-espèces fréquentant le territoire, l’une islandaise en plein essor et l’autre continentale toujours vulnérable, et qu’il est impossible de les différencier au moment du tir.

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Le réchauffement climatique pousse des individus de la sous-espèce à hiverner de plus en plus tardivement en France, par conséquent, l’administration invoque ce risque de confusion pour justifier la poursuite du moratoire.

L’avis des experts n’a pourtant pas suivi la position du gouvernement.

Saisi comme l’exige la procédure, le Conseil National de la Chasse et de la Faune Sauvage a rendu le 23 juin un avis majoritairement défavorable au projet, avec douze voix contre sept, ce qui n’a pourtant pas empêché le texte d’être soumis tel quel à la consultation publique.

On comprend ainsi qu’un avis défavorable du propre conseil consultatif du ministère ne pèse pas bien lourd face à des engagements internationaux que la France entend visiblement respecter à la lettre, moratoire après moratoire.

Ces suspensions sont d’autant plus difficiles à comprendre que des outils comme ChassAdapt permettent aujourd’hui de limiter avec une grande précision les quotas de prélèvements mais aussi de récolter des informations précieuses sur le terrain concernant ces espèces.

Pour le Courlis cendré et la Barge à queue noire, les années se suivent et se ressemblent…

Pour ceux qui souhaitent participer à cette consultation publique (même si visiblement, les avis déposés ne changeront rien à la décision finale) rendez-vous sur ce lien : https://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-suspendant-la-chasse-du-courlis-a3378.html

Article mis à jour le 10 juillet 2026 à 11h16

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