La chasse n’est pas un facteur global du déclin des oiseaux en Europe selon une étude scientifique

Publiée à la mi-septembre dans une revue scientifique internationale, une étude menée par des chercheurs irlandais et espagnols bouscule une idée bien ancrée. Qu’un oiseau soit chassé ou non, et même chassé en grand nombre, ne permet pas de savoir si sa population est en train de diminuer.
Des chercheurs ont comparé les oiseaux chassés et ceux qui ne le sont pas dans neuf pays.
Une équipe de scientifique a concentré sont travail, financé par la Commission européenne, sur 256 espèces suivies en France, en Espagne, au Portugal, en Hongrie, en Irlande, aux Pays-Bas, en Pologne, en Suède et au Royaume-Uni.
Pour chacune, ils ont regardé si elle était chassable dans le pays et si ses effectifs avaient reculé sur une vingtaine d’années.
Ils sont même allés plus loin en se penchant sur les oiseaux les plus prélevés, certains dépassant les 500 000 individus par an dans un même pays, pour voir si les espèces les plus prisées des chasseurs s’en sortaient moins bien que les autres.
Le déclin des populations d’oiseaux s’explique par bien des facteurs mais pas la chasse.
Le verdict est le même dans les deux cas, puisqu’on ne voit aucune différence entre les espèces chassées et celles qui ne le sont pas.
Ce qui pèse vraiment, ce sont plutôt le fait de nicher au sol ou de vivre dans les campagnes des pays où l’agriculture est la plus intensive.
À l’inverse, les espèces strictement protégées, dont les habitats font l’objet de mesures particulières, résistent mieux et leur dynamique est plus positive.
Les chercheurs restent toutefois prudents et rappellent qu’à l’échelle d’un territoire local, la chasse peut avoir un effet, dans un sens comme dans l’autre, notamment positif selon l’ampleur des aménagements réalisés par les chasseurs.
Une étude payée par Bruxelles qui ne désigne pas le chasseur comme coupable du déclin des oiseaux mais plutôt comme une aide par ses aménagements? Voilà de quoi faire grincer quelques dents chez nos amis anti-chasse qui en font souvent leur argument principal.
Source : Neither legal huntability nor harvest-based hunting interest explain broad-scale variation in population decline probability at the European scale.
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