Sarthe : un chasseur attaqué en justice après avoir défendu sa maison

À Saint-Georges-du-Rosay, petite commune de la Sarthe d’à peine plus de 450 habitants, une pétition circule depuis début octobre pour soutenir Éric, un chasseur de 67 ans qui a fait usage de son fusil face à des intrus encagoulés. L’homme qui s’est défendu chez lui devra pourtant s’expliquer devant le tribunal.
Une nuit d’août où trois inconnus se sont « trompés de porte ».
C’est dans la nuit du 29 au 30 août 2026 que la vie d’Éric Liberge, habitant de Saint-Georges-du-Rosay âgé de 67 ans et chasseur pratiquant, a basculé.
Réveillé par du bruit, il ouvre la fenêtre de sa cuisine et se retrouve face à trois hommes cagoulés, visiblement très agressifs, qui s’acharnent sur sa maison.
Pas en bonne santé et forcément effrayé, il saisit l’un de ses fusils de chasse et tire deux fois, d’abord en l’air puis en direction du groupe, sans blesser personne, avant d’appeler la gendarmerie pendant que les individus prennent la fuite.
On apprendra plus tard que le trio, originaire du département, s’était manifestement trompé d’adresse puisqu’il cherchait une femme du village, sœur de l’un et ancienne compagne d’un autre.
Quelques jours après, ils réapparaissaient d’ailleurs chez un autre habitant pour demander où se trouvait la femme en question.
Les intrus portent plainte et le sexagénaire se retrouve devant le juge.
Après enquête, deux des hommes ont été placés en garde à vue, levée depuis et seront jugés en mai au tribunal du Mans pour violation de domicile et dégradation de bien, selon le capitaine Jérôme Demaure, commandant de la compagnie de Mamers.
Ils ont toutefois choisi de porter plainte contre Éric, gardé à vue à son tour et convoqué en janvier 2027 devant le même tribunal pour violence avec arme, le second tir ayant visé leur direction.
Au village, a plainte passe mal.
À la demande de plusieurs habitants, la maire Annick Dutertre a mis une pétition à disposition en mairie, à l’agence postale, au bar du Rosay et en ligne.
A l’heure actuelle, des dizaines de signatures sont déjà destinées à l’avocat du chasseur, que l’édile décrit comme traumatisé.
Son frère a même dormi chez lui pendant trois semaines, et l’homme est aujourd’hui hospitalisé à cause de soucis de santé.
Le calendrier judiciaire a d’ailleurs de quoi laisser perplexe et permet de comprendre la colère des habitants puisque l’homme tiré de son sommeil passera devant les juges quatre mois avant les individus qui voulaient entrer chez lui, cagoule sur la tête…
Commentaires
Rejoignez la discussion
Connectez-vous pour laisser un commentaire.