À Montpellier, ville laboratoire des bonnes intentions vertes, il arrive que la nature rappelle qu’elle n’entre pas toujours dans les cases administratives. À La Paillade, un sanglier prélevé le 30 janvier rue d’Oxford est ainsi devenu, malgré lui, le symbole d’une gestion… perfectible.
Quand la régulation tourne à l’immobilisation
Ce jour-là, en plein après-midi, un agent habilité procède à l’abattage de l’animal sur un parking d’immeubles, sous l’œil des forces de l’ordre. Une intervention de régulation classique : en périphérie comme en cœur de ville, la présence croissante des sangliers impose parfois des décisions rapides. Les chasseurs le savent mieux que quiconque, la faune sauvage n’a que faire des panneaux d’entrée d’agglomération.
L’épisode aurait dû s’arrêter là. Sauf que deux semaines plus tard, la dépouille est toujours en place.
Le grand oublié du parking
Les riverains, eux, n’ont rien oublié. Fenêtres closes, odeurs persistantes, appels répétés au bailleur Hérault Logement… La scène s’est figée dans le temps. « On pensait qu’ils allaient l’enlever rapidement », souffle un habitant. Manifestement, le message s’est perdu en route.
Ironie de la situation : dans une municipalité qui revendique son engagement écologique, laisser un animal sauvage se dégrader au pied des immeubles n’est pas exactement du meilleur effet. La biodiversité, oui. La logistique, visiblement, un peu moins.
Karima, assistante maternelle explique : « J’ai appelé plusieurs fois et à chaque fois, ils me disent qu’ils font ce qu’il faut, qu’ils appellent une entreprise pour l’enlever, mais qu’elle ne le fait pas. »
Une chaîne de décision grippée
Contactée, la Ville explique que « l’information n’est malheureusement pas remontée » après l’abattage, alors même que l’équarrisseur devait intervenir dans les 48 heures. Elle promet désormais un enlèvement « dans les plus brefs délais » et assure vouloir améliorer la remontée des signalements.
En attendant, le sanglier aura offert une leçon grandeur nature : la régulation ne s’arrête pas au tir. Sur le terrain, chacun sait qu’un prélèvement implique une prise en charge complète. À défaut, la ville se retrouve avec un rappel olfactif que la gestion de la faune sauvage ne se décrète pas en conseil municipal.













![[Vidéo] Quand ton chien préfère dormir dans le C15 pour ne pas louper la chasse](https://www.chassepassion.net/wp-content/uploads/2026/02/chien-dans-le-c15.webp)
