Par fd | 18 janvier 2013
Une heure! Cela fait une heure que nous avançons silencieusement à marche forcée dans ce champs, le ciel est gris, la terre est amoureuse, un bon kilo de terre colle a chacune de nos bottes, ce n’est pas une battue c’est une progression stratégique vers une position de tir connue. La moutarde mouillée est haute et nous arrive au torse, mon pantalon c’est transformé en éponge dés les premiers mètres, j’ai juste eu le temps de le sortir de mes bottes avant d’entrer dans le champ, les chaussettes doivent être la seule chose de sèche que j’ai encore. A notre droite le bois de Chantal, nous approchons silencieusement de notre position, le président est à son poste depuis longtemps prêt à faire feu avec sa 7x64. Plus que deux cent mètre et on atteint le bout du champ, où sont-t-ils? J’avance encore, bien aligné à 30 mètres de Claude, nous progressons chaque pas nous épuise un peu plus. L’idée de secouer mes bottes pour en faire tomber la boue, je l’ai abandonné de suite; ça coûte trop d’énergie, et puis quand le paquet est trop lourd il tombe tout seul. La motivation est toujours là, le 12 ouvert est chargé avec des balles. Au moment ou je pense « ça ressemble à une battue mais c’est de l’approche à deux avec un posté » Claude tire, à 20 mètres devant lui je vois le chevreuil "plonger" sous la moutarde : incroyable, Claude l’a loupé. L’animal « piéte » et disparait dans la moutarde en rampant. Concentration, je ferme le Beretta, j'écoute, les yeux rivés sur les mouvements de la moutarde, ça bouge trop.