Le Bundestag a validé jeudi 5 mars le retour des tirs de régulation contre les loups. Avec 4.300 animaux d’élevage tués ou blessés en 2024 et 219 meutes recensées sur le territoire, les parlementaires Allemands ont cédé à la pression du monde agricole. Un virage politique qui fait hurler les associations de protection de la nature.
Quand le prédateur revient, les éleveurs trinquent.
Disparu du territoire germanique au XIXe siècle, le loup a fait son grand retour dans les années 2000. Depuis, l’espèce s’est développée à une vitesse que personne n’avait anticipée.
Le dernier recensement du DBBW (le Centre fédéral Allemand de documentation et de consultation sur les loups) dénombre 219 meutes établies, auxquelles s’ajoutent 36 couples et 14 individus solitaires.
Cette expansion fulgurante s’est traduite par une explosion des attaques contre le bétail.
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Les statistiques de 2024 parlent d’elles-mêmes avec près de 4.300 bêtes tuées ou blessées. Un bilan qui a fini par faire basculer l’opinion publique dans certaines zones rurales au sujet de la gestion du prédateur.
L’affaire avait déjà pris une tournure nationale en 2022 quand un loup avait tué Dolly, le poney d’Ursula von der Leyen, près de Hanovre.
Une loi qui divise le Parlement et les défenseurs de la nature.
Le texte adopté jeudi autorise les 16 Länder à organiser des tirs entre juillet et octobre dans les zones où les meutes prolifèrent. Les loups ayant déjà attaqué des troupeaux pourront être abattus quelle que soit la saison, y compris pendant les périodes de protection réglementaire.
La coalition de centre-droit a obtenu le vote grâce au soutien de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), tandis que les écologistes et la gauche radicale ont rejeté le projet. Hermann Färber, député CDU (Union chrétienne-démocrate d’Allemagne), a défendu la mesure en évoquant la souffrance des animaux de pâturage déchiquetés par ce qu’il nomme des « loups enragés ».
L’organisation NABU (un Syndicat de conservation de la nature et de la biodiversité) a immédiatement dénoncé une action symbolique qui sacrifierait la biodiversité allemande sur l’autel de considérations électorales.
Le texte doit encore passer devant le Bundesrat plus tard ce mois-ci. D’ici là, le débat entre protection de la faune et défense des élevages promet de générer de grands débats.













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