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Chasse à l’arbalète en France : interdite aujourd’hui mais pourquoi ne pas l’autoriser demain?

arbalete

Un paradoxe résume bien la situation : on peut acheter une arbalète librement en France, la ranger chez soi, la transporter en pièces détachées jusqu’à un stand de tir, mais l’utiliser pour chasser constitue une infraction passible, en cas de circonstances aggravantes, d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Une interdiction ancrée dans le droit depuis 1986, mais qui suscite des interrogations persistantes dans la communauté cynégétique.

mary arm

Une arme jugée déloyale depuis le Moyen Âge.

L’arbalète traîne une réputation difficile en France depuis fort longtemps. En 1139, le deuxième concile du Latran avait déjà condamné son usage, considérée comme une arme de guerre immorale par le clergé et déloyale par les nobles, en raison du peu de courage et de formation que demandait son maniement.

Neuf siècles plus tard, on retrouve curieusement les mêmes reproches dans le débat Français en ce qui concerne la chasse.

L’arrêté du 1er août 1986, modifié en décembre 2023, exclut l’arbalète des moyens autorisés à la chasse, sans que les textes n’en précisent explicitement la raison.

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L’hypothèse la plus documentée tient à la définition légale de l’arc, dont l’armement doit être maintenu par la seule force de l’archer.

L’arbalète, dont la corde est retenue mécaniquement, s’en trouve exclue de fait et on peut imaginer que c’est avant tout le côté « trop facile » qui a mis de côté l’usage de cette arme à la chasse.

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Un bilan technique qui plaide pourtant pour une réouverture du débat.

L’expérience canadienne, où la chasse à l’arbalète est pratiquée et encadrée, apporte des éléments concrets.

À la distance préconisée de 30 mètres, l’énergie transmise au carreau est comparable à celle d’une flèche d’arc de chasse, malgré une puissance de traction nettement supérieure, car le projectile est plus léger.

Au-delà de cette distance, la perte d’énergie devient trop importante et le risque de blesser le gibier sans l’abattre augmente sensiblement, ce qui écarte l’argument d’une arme particulièrement dangereuse ou incontrôlable.

En Espagne, la chasse à l’arbalète est autorisée sous conditions. Aux États-Unis et au Canada, c’est une pratique banale.

Certains amateurs du tir à l’arbalète demandent une ouverture ciblée en France, notamment pour les chasseurs dont les capacités physiques ne permettent plus de tenir un arc armé. Ce pourrait également être une arme idéale pour intervenir dans des situations précises comme la régulation de certaines espèces dans les zones urbaines et péri-urbaines.

Actuellement, aucun projet de réforme sérieux ne figure à l’agenda et on dirait bien que ce qui est interdit depuis le Moyen Âge a manifestement la vie dure.

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