Dans le Cher, la Fédération Départementale des Chasseurs recense une hausse marquée des déclarations de dégâts agricoles imputables aux sangliers, une évolution que son directeur, Willy Gerbaud, attribue moins à un excès de population qu’à un changement profond dans la répartition géographique de l’animal, désormais aussi à l’aise en lisière de champ qu’en sous-bois.
Les sangliers quittent progressivement leurs bois d’origine pour s’installer à demeure dans les plaines cultivées.
Au 30 juin, la Fédération des chasseurs du Cher avait déjà comptabilisé 487 dossiers de dégâts liés aux sangliers, soit 47 % de plus qu’à la même période l’an passé. La FDC nuance ce chiffre car la récolte ayant été plus précoce cette année, elle a mécaniquement avancé l’ouverture des dossiers. Elle reconnaît toutefois que la tendance dépasse ce simple effet de calendrier puisque les expertises menées sur le blé confirment une progression bien réelle, tant dans les surfaces détruites que dans les volumes perdus.
Longtemps cantonné aux massifs forestiers, le sanglier a manifestement changé ses habitudes.
Il trouve désormais refuge dans les haies et les bosquets qui bordent les champs, d’où il accède directement aux cultures sans avoir à s’éloigner de son gîte, passant même du maïs à l’automne au colza dès l’hiver, un comportement que le directeur de la Fédération lui même dit n’avoir jamais observé avec une telle constance auparavant.
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Plusieurs causes convergentes expliquent cette cohabitation de plus en plus tendue avec le monde agricole.
Les hivers plus cléments réduisent d’abord la mortalité naturelle des populations.
A cela, il faut aussi ajouter un changement dans les habitudes des chasseurs qui ont longtemps été incités à sélectionner avec précision les sangliers abattus plutôt qu’à en prélever massivement.
La FDC reconnaît qu’il est difficile de changer les habitudes des gestionnaires du jour au lendemain mais cela se fait petit à petit.
Le recul de la chasse au petit gibier a par ailleurs éloigné les chasseurs des plaines, à tel point que les méthodes traditionnelles de battue, pensées pour la forêt, se révèlent mal adaptées à ces territoires.
Face à cette situation, la Fédération mobilise l’ensemble des moyens légaux disponibles. Piégeage, affût, approche et battues sont praticables presque toute l’année, y compris durant les récoltes, afin que chaque territoire adapte sa réponse à son propre seuil de tolérance.
Difficile de savoir aujourd’hui si le débridage des prélèvements de sangliers suffira à inverser une tendance qui, en plaine comme ailleurs, semble s’installer pour longtemps.

















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4 réflexions sur « Dans le Cher, les sangliers désertent la forêt au profit des cultures »
Bonjour,
Il y à aussi le problème que maintenant il y à du monde en forêt pratiquement tous les jours, entre chasseurs, vététistes, cueilleurs, ramasseurs, promeneurs, cavaliers et j’en passe. La plaine est beaucoup plus tranquille que les forêts (pendant combien de temps ?). On le voit dans certaines forêts domaniales ou les grands cervidés sont maintenant pratiquement en permanence en lisière ou dans les petits bosquets de plaine plutôt que dans la forêt.
Pourquoi s’étonner de ce déplacement, alors que depuis deux ou trois ans, nous prévenons l’ONF de cette situation sur notre secteur. Les laies mettent bas en plaine, dans un petit bosquet, un vieux chemin, un milieu de parcelle cultivée (souvent de 25 à 65 ha ou plus). Après la mise bas, la laie et ses marcassins vont continuer à s’alimenter en plaine, pas en forêt où il n’y a plus rien et où l’agrainage de substitution est interdit. En plaine, les grandes parcelles remplacent l’agrainage, avec parfois un peu d’aide de certains chasseurs!
Vous avez raison: J’ai pour ma part ,il y a une semaine, une mise bas en direct , à découvert et a quelques mètres de la camera et toute la marmaille en vadrouille des les premiers instants! Plus de « chaudron » donc ! elles mettent bas quand le moment est venu, là ou elles se trouvent. j’ai également plusieurs séances de saillies en direct !
Très bonne réponse de la part de JMF . Locataire de la chasse d’une forêt domaniale , j’ai été confronté au problème du départ des sangliers vers les champs environnants . L’ONF nous interdit l’agrainage et , pire , l’utilisation du goudron de Norvège . Je me suis chamaillé avec l’ONF sur ce point . Le goudron est le seul produit inoffensif qui retient les sangliers dans une forêt . Il est plus efficace que l’agrainage . Je l’ai constaté à maintes reprises . Mais il semblerait que l’ONF ne veuille plus voir de gros gibier dans leurs forêts . Et pourtant , dans mon département , le plan de gestion cynégétique , et donc le Préfet , autorise l’usage du goudron et l’agrainage . Qui commande donc ? Merci de me répondre …