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Haut-Rhin : les chasseurs veulent tirer moins de cervidés après la sécheresse

pourquoi les cerfs perdent leurs bois ?

La sécheresse qui a marqué ces derniers mois dans le Haut-Rhin a laissé des traces sur le grand gibier, à tel point que les chasseurs du département ont saisi la préfecture pour obtenir une révision à la baisse des prélèvements imposés. La démarche est loin de faire l’unanimité chez ceux qui veillent sur l’état des forêts.

La demande adressée à la préfecture porte sur quatre espèces de grand gibier.

Gilles Kaszuk, qui préside la Fédération des chasseurs du Haut-Rhin, estime qu' »il faut épargner les femelles », propos rapportés par France 3 Grand Est.

Une requête déposée auprès des services de l’État vise à abaisser les minima de prélèvements pour les cerfs, les chevreuils, les daims et les chamois, les chasseurs faisant état d’une surmortalité chez les jeunes cervidés privés d’herbe.

Faute de prairies vertes, les animaux se rabattent sur les ronces, les framboisiers, le hêtre, les frênes et les cimes de sapin, et cette pression devrait durer au moins jusqu’au printemps prochain.

Les chasseurs qui portent la demande y voient une protection temporaire, redoutant que deux ou trois générations en subissent les effets.

Association gestionnaires forestiers opposent des chiffres et un impératif de régénération.

Francis Dopff, membre d’Alsace Nature, admet volontiers qu’une partie des faons puisse mourir faute de lait, mais conteste que l’espèce soit menacée, rappelant que le cerf se porte partout très bien. Laisser mourir les faons de soif ne serait donc pas une idée trop insupportable de ce côté de la protection de l’environnement…

Le saviez-vous ?  Un sanglier prisonnier d'un grillage sur une nationale a été abattu près d'Albi

Faut-il favoriser les arbres et la végétation pour le plaisir des promeneurs au détriment des cervidés qui mourront dans des conditions difficiles?

Il est vrai que les analyses de l’OFB citées par France 3 dans sa dépêche indiquent que le nombre de cervidés a quadruplé en cinquante ans dans le département et l’UICN range le cerf élaphe parmi les espèces les moins préoccupantes.

Pour Arnaud Bezard, responsable chasse à l’ONF, réduire les quotas reviendrait à laisser les jeunes pousses se faire décimer et à bloquer la régénération du milieu.

Les chasseurs se demandent tout de même s’il est possible de cautionner cette vision des choses vu les conditions difficiles que la faune a rencontré durant l’été.

Avec d’un côté les chasseurs et de l’autre les forestiers et associations, il y a donc deux façons de réagir et deux façons de voir la forêt, mais une seule préfecture qui devra visiblement trancher entre les jeunes pousses et les jeunes faons.

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