Depuis leur publication au Journal officiel du 8 septembre, deux arrêtés signés par Monique Barbut placent le lagopède alpin et le grand tétras parmi les espèces protégées. Le monde cynégétique, qui n’a visiblement pas été convaincu, annonce un recours en annulation.
Les chasseurs refusent une fermeture définitive et défendent une suspension révisable.
Il y a quelques semaines, on apprenait quasiment par voie de presse que deux espèces allaient être classées comme espèces protégées.
En apposant sa signature au bas de ces deux textes, la ministre de la Transition écologique a fait basculer les deux galliformes de montagne dans un régime de protection stricte, ce qui revient à fermer leur chasse une fois pour toutes.
La Fédération Nationale des Chasseurs et les Fédérations Départementales des massifs concernés ont manifestement mal digéré la nouvelle et vont demander au Conseil d’État d’annuler les arrêtés.
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Sur le fond, les chasseurs ne veulent pourtant pas chasser ces espèces coûte que coûte mais simplement de ne pas les placer dans une case d’où elles ne sortiront jamais.
Les Fédérations plaident pour des moratoires reconductibles, autrement dit une fermeture temporaire que l’on remet sur la table à intervalles réguliers en fonction de ce que disent les comptages.
La haute juridiction administrative a d’ailleurs déjà validé cette approche par le passé, puisqu’elle admet que la chasse soit suspendue quand la situation l’exige sans que l’espèce quitte pour autant la liste du gibier.
L’exemple Vosgien montre que l’arrêt de la chasse ne suffit pas à sauver une espèce.
L’argument le plus solide des chasseurs tient en un constat de terrain. Dans le massif des Vosges, le grand tétras n’est plus chassé depuis le début des années 1970, et l’oiseau y a pourtant totalement disparu, tandis que les effectifs jurassiens continuent de fondre.
Cinquante ans sans le moindre coup de fusil n’y ont donc rien changé.
Pour la FNC, ce sont les habitats qu’il faut préserver et les populations qu’il faut suivre, deux missions auxquelles les chasseurs contribuent aujourd’hui sur le terrain. Une protection intégrale risque forcément de les démobiliser, là où un moratoire les maintient dans la boucle.
Présentées comme un progrès pour la biodiversité, ces décisions pourraient bien produire l’effet inverse de celui recherché, à tel point que les Fédérations parlent d’un véritable recul environnemental. Reste à savoir si le Conseil d’État jugera que l’on protège mieux un oiseau en écartant ceux qui le comptent chaque printemps.










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