Le 3 mars, le tribunal judiciaire de Soissons doit juger Christophe Ellul pour homicide involontaire, plus de sept ans après la mort d’Elisa Pilarski, retrouvée grièvement mutilée par des morsures de chien en novembre 2019 dans la Forêt de Retz (Aisne).
Si l’affaire avait immédiatement enflammé le débat sur la chasse à courre, l’instruction judiciaire a progressivement déplacé le centre de gravité du dossier : aujourd’hui, la responsabilité du chien Curtis, qui accompagnait la victime, apparaît comme l’hypothèse centrale.
Une accusation initiale contre la vénerie qui s’effondre
Au moment du drame, la présence d’un équipage de chasse à courre dans le massif forestier avait nourri une suspicion massive envers les chiens de vénerie. Cette piste a longtemps dominé l’espace médiatique, alimentant une controverse nationale sur la pratique.
Mais au fil des expertises vétérinaires, génétiques et comportementales, la thèse d’une attaque de meute s’est fragilisée. Les analyses convergent vers l’action d’un seul animal, et non d’un groupe de chiens de chasse.
Pour de nombreux observateurs du monde cynégétique, cette évolution constitue un tournant majeur : la responsabilité collective de la chasse à courre, évoquée très tôt, ne repose plus sur des bases techniques solides.
Pour la partie civile, la responsabilité de Curtis ne fait guère de doute
Du côté de la famille d’Elisa Pilarski, la position est désormais clairement établie. Leur avocat, Me Xavier Terquem, affirme que les éléments matériels accumulés pendant l’instruction désignent directement le chien Curtis comme l’auteur des morsures mortelles.
Selon lui, plusieurs points pèsent lourdement dans l’analyse :
- les expertises qui excluent l’intervention des chiens de chasse à courre ;
- des images prises peu avant le drame montrant un chien non muselé ;
- des incohérences relevées dans la chronologie des faits et les communications téléphoniques ;
- et surtout certains messages attribués à Christophe Ellul évoquant la nécessité de faire euthanasier son animal.
Pour l’avocat de la famille, ces éléments forment un ensemble cohérent qui oriente clairement la responsabilité vers le chien présent aux côtés de la victime au moment de l’attaque.
Un procès aux enjeux dépassant le seul drame
La question pénale reste désormais précise : le propriétaire du chien a-t-il failli à ses obligations de contrôle et de sécurité ? C’est sur ce terrain que se jouera le procès.
Mais l’enjeu est aussi symbolique. L’affaire Pilarski a profondément marqué l’image de la chasse à courre en France. Si la justice confirme que les chiens de vénerie n’ont joué aucun rôle, elle pourrait refermer une polémique qui a durablement opposé défenseurs et opposants de cette pratique.
Au-delà de la responsabilité individuelle examinée à Soissons, c’est donc aussi une forme de clarification attendue par le monde de la chasse qui se joue dans ce procès très médiatisé.













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