Identifiée pour la première fois aux États-Unis dans les années 1960, la maladie débilitante chronique décime les populations de cervidés en Amérique du Nord. Depuis 2016, elle a fait son apparition en Scandinavie. Si la France reste pour l’instant épargnée, la progression de cette pathologie incurable interroge chasseurs et scientifiques.
Un agent infectieux qui s’attaque au cerveau des cervidés.
Cette maladie touche essentiellement les cervidés : cerfs, élans, rennes et wapitis.
Elle appartient à la même famille que la tristement célèbre maladie de la vache folle, à savoir les maladies à prions.
Concrètement, un prion est une protéine déformée qui, une fois dans l’organisme, transforme les protéines saines en copies défectueuses. Suite à cela, le cerveau se détériore progressivement, criblé de minuscules trous comme une éponge.
A lire aussi : Un chevreuil piégé dans un portail secouru par les pompiers au château de Chinon
Les animaux infectés perdent du poids, bavent excessivement, titubent et affichent un regard vide qui leur vaut ce surnom macabre de « cerfs zombies ».
Aucun traitement n’existe pour le moment et l’issue est fatale dans la quasi-totalité des cas.
Ce qui rend ce prion particulièrement redoutable, c’est sa résistance hors norme. Il survit dans l’environnement pendant des années, contaminant sols, végétation et points d’eau bien après la mort de l’animal malade.
La transmission s’effectue par contact direct, via les fluides corporels, mais aussi par simple passage sur un pâturage infecté et comme la période d’incubation dépasse 18 mois, un cervidé peut paraître parfaitement sain tout en disséminant la maladie autour de lui.
Une progression Européenne sous haute surveillance.
Aux États-Unis, le CDC (l’agence de santé publique américaine) recense désormais des cas dans 36 États. Mais c’est l’émergence européenne qui préoccupe particulièrement.
La Norvège a identifié 21 rennes, 13 élans et 3 cerfs élaphes positifs selon une étude publiée dans la revue Emerging Infectious Diseases en février 2025. La Finlande compte 3 cas chez les élans sauvages, la Suède 4 entre 2019 et 2020.
Il faut tout de même considérer le fait que les souches scandinaves diffèrent de celles observées en Amérique du Nord.
Pour les chercheurs, cela suggère que la maladie n’aurait pas été importée mais serait apparue de manière indépendante sur le sol européen. Une évaluation des risques publiée par le gouvernement britannique en juin 2025 qualifie d’ailleurs la probabilité d’introduction au Royaume-Uni de « très faible », mais souligne que les conséquences d’une arrivée de la maladie sur le sol seraient « majeures » avec des coûts d’éradication considérables.
La France n’a enregistré aucun cas à ce jour. Toutefois, les cervidés sauvages ne connaissent pas les frontières et la résistance du prion dans l’environnement maintient les spécialistes en alerte.
En janvier 2025, un collectif de 67 experts a d’ailleurs publié un rapport appelant à renforcer la coopération internationale pour contenir la propagation de la maladie dans le monde.
En ce qui concerne les risques pour l’homme, aucune contamination n’a jamais été confirmée. Mais l’histoire de la vache folle, qui avait franchi la barrière des espèces dans les années 1990, incite tout de même à la prudence. Les autorités sanitaires recommandent notamment aux chasseurs intervenant dans les zones du monde touchées de faire tester leur gibier avant consommation.













![[Vidéo] Une belle bande de cerfs traverse une route dans la plaine enneigée](https://www.chassepassion.net/wp-content/uploads/2026/01/cerfs-sur-la-route-enneigee.webp)
