Dans le marais de Brière, près de Saint-Nazaire, des milliers de poissons morts s’accumulent depuis plusieurs jours sous l’effet de la canicule, ravivant le souvenir de l’été dernier où plus de 4 000 canards avaient péri d’une épizootie de botulisme. Convaincue que rien n’a changé depuis cette catastrophe, l’Union des chasseurs de gibier d’eau de Grande Brière Mottière a déposé un recours en urgence devant le tribunal administratif de Nantes.
Les mortalités d’espèces aquatiques et d’oiseaux inquiètent de nouveau les défenseurs du marais.
Un recours a été déposé mercredi 23 juin par l’Union des chasseurs de gibier d’eau de Grande Brière Mottière devant le tribunal administratif de Nantes. L’association rappelle que plusieurs réunions s’étaient tenues avec les pouvoirs publics au cours de l’année, qui avaient annoncé une meilleure gestion de l’eau ainsi que des drones et des patrouilles dès les premières chaleurs, sans qu’aucune de ces mesures n’ait été mise en place.
Brochets, sandres et anguilles flottent par centaines à la surface de cette zone Natura 2000 de 22 000 hectares, bientôt rejoints par des cygnes, des mouettes et des foulques retrouvés sans vie.
Pour le président de l’association, Frédéric Richeux, la situation est de nouveau catastrophique, à tel point qu’il dit ne plus trouver les mots pour décrire l’inaction constatée depuis l’an dernier.
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Les cadavres pourrissent sur place faute de moyens suffisants pour les ramasser, ce qui ravive la crainte d’un retour du botulisme qui avait décimé les canards.
Le manque d’eau et les responsabilités partagées alimentent la colère des défenseurs du marais.
Le niveau du marais a perdu 80 centimètres entre fin février et début mai, volontairement laissés filer vers la mer, et il ne subsistait plus, à la mi-juin, qu’une marge de trois centimètres avant d’atteindre le seuil fixé par la réglementation.
Les chasseurs réclament une réalimentation du marais en eau de Loire, ce que la direction du parc juge plus complexe qu’il n’y paraît, ainsi que des sanctions contre des barrages agricoles jugés illégaux près d’Herbignac.
Pour le président de l’association, le choix se résume à préserver la ressource en eau ou favoriser l’agriculture à tout prix, et l’on ne peut pas vraiment lui donner tort de la poser aussi frontalement.
La balle est désormais dans le camp du tribunal administratif de Nantes, qui doit statuer sur cette demande de mesures d’urgence. Les chasseurs rappellent que les recommandations de gestion de l’eau réclamées aujourd’hui figuraient déjà dans l’avis du conseil scientifique du parc rendu en octobre 2025, sans avoir été appliquées depuis.
*Image d’archive.









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