C’est lors du salon Sud Traditions que j’ai rencontré les membres de la Palombière des Deux Pins. Venus du Lot-et-Garonne, ils avaient parcouru plusieurs centaines de kilomètres pour être présents. Ils avaient installé une véritable palombière au cœur du salon. Ils n’avaient rien à vendre. Seulement une passion à défendre.
La chasse à la palombe au filet est encore pratiquée dans cinq départements : le Gers, la Gironde, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et le Lot-et-Garonne. Elle repose sur des installations spécifiques, mais surtout sur un savoir-faire considérable. Le paloumayre doit connaître les migrations, la météo, les appelants et maîtriser parfaitement son installation. Un patrimoine vivant transmis de génération en génération.
Or, cette année, la Commission européenne a engagé une procédure contre la France concernant la dérogation accordée à la chasse à la palombe au filet. Selon Bruxelles, ce mode de chasse constituerait une méthode de capture non sélective incompatible avec la Directive Oiseaux. Une analyse que contestent fortement les défenseurs de cette chasse. Ils rappellent que les installations sont spécifiquement conçues pour la capture des palombes et que le pigeon ramier demeure une espèce abondante dans une grande partie de l’Europe.

Il faut comprendre qu’au-delà de la question réglementaire, c’est tout un pan de la culture rurale du Sud-Ouest qui pourrait disparaître. Des milliers de palombières existent encore, participent à la transmission de savoir-faire parfois séculaires et contribuent à la vie locale.
Défendre toutes les chasses
La tentation existe parfois de penser qu’une pratique qui n’est pas la nôtre ne nous concerne pas. Pourtant, l’histoire récente montre que les attaques touchent progressivement différentes composantes du monde cynégétique. Hier certaines chasses traditionnelles. Aujourd’hui la palombe au filet. Demain une autre pratique. Ne soyons pas naïfs : si cette chasse venait à disparaître, ceux qui souhaitent toujours plus de restrictions reporteraient immédiatement leurs efforts sur un autre maillon de la chaîne cynégétique.

La chasse forme un tout. Chaque mode de chasse porte une histoire, un territoire et des savoir-faire qui participent à la richesse de notre patrimoine cynégétique. Les perdre les uns après les autres reviendrait à affaiblir progressivement l’ensemble de l’édifice, avec pour horizon final l’interdiction pure et simple de notre passion.
C’est précisément le message que les hommes de la Palombière des Deux Pins étaient venus porter à Sud Traditions. N’oublions pas que derrière la défense de la palombe au filet, c’est l’avenir même de la chasse française qui se joue. Un avenir qui passe par la défense de toutes ses composantes.
Soyons solidaires !
Beber Wild
















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