Le déplacement du directeur général de l’Office français de la biodiversité, Olivier Thibault, dans les Hautes-Alpes, prévu ce mardi 8 septembre, s’annonce tendu. Invités par le préfet à participer à une rencontre avec lui, les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Alpes (JA05) et la FDSEA05 ont décidé de décliner l’invitation. Les deux syndicats dénoncent un « dialogue de façade » et réclament des changements concrets, notamment sur la gestion du loup.
La visite aurait pu être l’occasion de renouer le dialogue. Ce ne sera visiblement pas le cas. Dans un communiqué publié vendredi 4 septembre, les JA05 et la FDSEA05 annoncent qu’ils ne participeront pas à la rencontre organisée à l’occasion de la venue du directeur général de l’OFB dans le département.
Une décision assumée par les deux organisations agricoles, qui estiment que les échanges avec l’administration ne débouchent plus suffisamment sur des mesures concrètes.
« Nous refusons une nouvelle fois un dialogue de façade »
Le ton du communiqué est particulièrement ferme. Pour les syndicats, les agriculteurs sont régulièrement appelés à fournir davantage d’efforts alors qu’ils doivent, dans le même temps, composer avec une multiplication des contraintes, des contrôles et des procédures.
Eau, haies, traitements, Natura 2000 mais aussi présence du loup : les sujets de crispation sont nombreux. Les JA05 et la FDSEA05 considèrent que certaines règles sont élaborées sans tenir suffisamment compte des réalités rencontrées quotidiennement par les professionnels sur le terrain.
Les deux organisations vont même plus loin en mettant directement en cause la méthode de l’OFB. Elles dénoncent une approche qui placerait trop souvent l’agriculteur « du côté du suspect plutôt que du côté de l’acteur ».
Un reproche qui fait écho aux tensions régulièrement observées ces dernières années entre une partie du monde rural et l’Office français de la biodiversité.
Le loup au cœur des revendications
Pour les éleveurs de montagne, la question de la prédation occupe évidemment une place importante. Les syndicats demandent notamment des réponses sur le comptage des loups, les opérations de déplacement ou de relâcher ainsi que sur les procédures permettant les tirs.
Selon eux, rien ne permet aujourd’hui de penser que la visite du directeur général de l’OFB apportera les réponses attendues sur ces différents dossiers.
« Les éleveurs n’ont pas besoin de nouvelles promesses. Ils ont besoin de résultats », écrivent les deux organisations.
Un message particulièrement clair dans un département alpin où la cohabitation avec le loup et la protection des troupeaux constituent depuis longtemps des sujets majeurs pour les éleveurs.
Une porte qui n’est toutefois pas totalement fermée
Malgré ce refus de participer à la rencontre du 8 septembre, les JA05 et la FDSEA05 assurent ne pas vouloir rompre définitivement le dialogue.
Les deux organisations se disent prêtes à reprendre les discussions à condition que l’OFB engage ce qu’elles qualifient de « véritable démarche de changement de méthode ».
Elles rappellent également que les agriculteurs participent eux-mêmes à l’entretien des territoires et à la préservation de la biodiversité, et refusent d’être considérés uniquement sous l’angle du contrôle et de la sanction.
La visite du directeur général de l’OFB dans les Hautes-Alpes risque donc de se dérouler dans un contexte particulièrement tendu. Et au-delà du monde agricole, plusieurs des sujets soulevés, à commencer par la gestion du loup et les relations avec l’OFB, concernent également directement les chasseurs et plus largement les acteurs du monde rural.
Quel que soit le domaine, Olivier Thibault semble, à chaque visite, un peu moins en odeur de sainteté. Alors qu’aucune véritable nouvelle orientation n’est donnée à l’Office, faudra-t-il attendre l’élection présidentielle pour voir un changement à sa tête ?
















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