Le collectif Patriotti in Lotta a fait sa rentrée lundi 31 août à Ajaccio, devant les locaux de la Fédération des chasseurs de la Corse-du-Sud. Ses membres, parmi lesquels plusieurs anciens prisonniers politiques nationalistes, y ont dénoncé des mesures qui leur interdisent toujours de détenir une arme et donc, d’aller à la chasse.
Le choix du lieu tenait davantage du symbole que de la procédure.
La conférence de presse s’est tenue lundi 31 août sur le devant de la Fédération départementale des chasseurs.
Si la FDC ne dispose d’aucune compétence en matière d’autorisation d’armes mais qui conserve, selon Olivier Sauli, porte-parole de Patriotti in Lotta, une autorité morale sur l’île comme le rapporte Corse Matin :
« Même si la fédération des chasseurs n’est pas compétente en la matière, elle demeure une autorité morale en Corse. Beaucoup d’entre nous étaient des chasseurs. Certains étaient engagés dans des associations de chasse et même au sein de la fédération. »
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L’inscription d’anciens détenus au fichier des auteurs d’infractions terroristes, créé en 2015 après les attentats de Paris, et celle de militants au fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes ferment directement la porte à tout achat comme à toute détention, ce qui bloque mécaniquement leur accès au permis de chasse.
Une disposition administrative a pris le relais du fichier effacé.
Olivier Sauli affirme avoir vu son inscription au fichier des interdits d’armes disparaître avant d’être aussitôt remplacée par une mesure dénommée « sécurité intérieure », dont il réclame l’explication et que d’autres anciens prisonniers dits politiques connaîtraient également.
Le collectif y lit un ciblage des militants politiques et le risque d’un « délit d’opinion déguisé », contraire selon lui aux engagements pris le 27 février 2025 devant l’Assemblée de Corse par Gérald Darmanin, alors ministre de la Justice, qui avait annoncé la sortie des condamnés Corses du fichier antiterroriste.
Faute de réponses claires, les militants annoncent qu’ils prendront « leurs responsabilités » dans les semaines à venir, sans autre précision.
La Fédération des chasseurs, elle, se retrouve prise entre deux feux, interpellée sur un dossier qui relève entièrement de l’État et sur lequel elle n’a en réalité aucun levier.
















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