Un arrêté paru le 25 juillet au Journal Officiel officialise le lancement par le ministère de l’Intérieur d’une expérimentation routière destinée à limiter les collisions mortelles pour le lynx. Testé d’abord sur deux axes du massif jurassien, ce nouveau pictogramme vient combler un vide réglementaire que les associations de protection de l’espèce dénonçaient depuis près de vingt ans, et pourrait, si les résultats s’avèrent concluants, être répartis sur l’ensemble du territoire national où le félin est présent.
Une signalisation routière spécifique prévue de longue date.
C’est donc officiel, le lynx va bénéficier d’une signalisation routière spécifique avec des panneaux qui lui seront réservés.
Les nouveaux panneaux seront d’abord installés sur les routes nationales RN5 et RN57, sur le territoire du parc national du Haut-Jura, dans une zone frontalière avec la Suisse particulièrement fréquentée par l’espèce.
Jusqu’à présent, le seul panneau faune sauvage réglementaire en France représentait un cerf. L’expérimentation doit se poursuivre sur trois ans avant un éventuel déploiement généralisé.
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Les défenseurs de l’espèce en profitent pour tacler au passage le monde de la chasse.
Le Centre Athénas ne se contente pas de saluer cette signalisation renforcée dans les médias et adresse au passage une pique à peine voilée au monde cynégétique, assurant que le retour du lynx ne représenterait aucune menace pour les chevreuils, ni pour les troupeaux et qu’il contribuerait même à réguler naturellement les populations de renards.
L’argument mérite pourtant d’être nuancé tant les effectifs actuels du félin restent modestes en France et rien ne garantit qu’une population appelée à croître ne finisse, à terme, par occasionner sur les troupeaux les mêmes dégâts que ceux déjà constatés dans d’autres pays européens où l’espèce s’est durablement réimplantée.
Quant à la prétendue régulation du renard, les études menées sur le régime alimentaire du lynx boréal en Europe centrale, fondées sur l’analyse de restes de repas et d’excréments collectés notamment grâce au suivi d’animaux équipés de colliers émetteurs, la relativisent très largement.
Sur cent proies consommées, environ 70 % sont des chevreuils et 20 % des chamois, tandis que le renard ne représente que 4 à 5 % du total, à peine la moitié d’une catégorie secondaire elle-même partagée avec les lièvres, les marmottes, les rongeurs, les oiseaux ou les mustélidés*.
L’association FERUS elle même, a indiqué que le chevreuil et le chamois composent à eux seuls environ 90% du régime alimentaire du lynx.
On est donc loin des « 30 à 40% de renards » consommés par les lynx comme annoncé par le Centre Athénas sur TF1 dernièrement après avoir mélangé subtilement le rôle des chasseurs et les actions de braconnage…
*Source : https://www.reserve-biologique.com/faune/lynx-boreal/ et https://www.lifelynx.eu/the-lynx-outwitted-the-fox/











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