Une agricultrice Ardéchoise vient d’écoper de 1 163 euros d’amende pour avoir piégé illégalement quatre sangliers sur son exploitation. Si la profession agricole crie au scandale, la réalité est plus nuancée car des solutions légales existaient, encore fallait-il les solliciter.
La loi s’applique à tout le monde et aussi aux agriculteurs.
Agnès Audibert, castanèicultrice à Beaumont en Ardèche, également maire de sa commune, a reconnu avoir capturé quatre sangliers en septembre 2024 sur ses terres et cela en toute connaissance de cause.
Le tribunal de proximité d’Aubenas l’a donc logiquement sanctionnée pour chasse sans permis et usage d’un engin prohibé. Elle a donc été condamnée à 1 163 euros d’amende.
Près de 80 agriculteurs et élus s’étaient déplacés pour soutenir l’exploitante. FDSEA, Coordination rurale, Chambre d’agriculture et tout le monde syndical a affiché sa solidarité.
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Malgré tout, le soutien corporatiste ne change rien au fond du problème.
Aussi compréhensible soit la détresse de cette agricultrice face aux dégâts de gibier, nul ne peut s’improviser régulateur de la faune sauvage sans avoir passé les formations adéquats et pratiquer en respectant la réglementation.
Des procédures existent et des personnes compétentes peuvent intervenir si on les sollicite.
Des chasseurs formés et disponibles en toute légalité.
En Ardèche, le piégeage des sangliers est bel et bien autorisé mais seulement dans 55 communes. Cela limite forcément l’intervention possible à l’aide de cages mais la réglementation n’existe pas que pour les autres.
Les louvetiers, formés et habilités, peuvent par exemple intervenir légalement sur demande.
Les Fédérations Départementales de Chasse sont aussi régulièrement sollicitées pour l’organisation de battues administratives afin de répondre aux sollicitations des exploitants en difficulté.
Visiblement, l’agricultrice n’a pas jugé bon de passer par les solutions légales et a préféré sortir ses propres pièges.
Quand on dispose d’un réseau cynégétique structuré et de procédures encadrées, choisir l’action solitaire et illégale ressemble plus à du braconnage qu’à autre chose.
La FDC de l’Ardèche s’était d’ailleurs constituée partie civile et l’appel annoncé par l’agricultrice condamnée par le tribunal risque fort de se heurter à la même réalité juridique.












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