Six ans après le lancement du plan européen de gestion adaptative de l’espèce, la Fédération européenne des associations de chasse et de conservation de la nature (FACE) dresse un bilan qui devrait rassurer les chasseurs français sans pour autant clore le débat, tant la situation reste à deux vitesses selon que l’on regarde vers l’ouest ou vers l’est du continent, alors que la saison 2026 s’annonce d’ores et déjà comme la reconduction pure et simple de celle de l’an dernier.
Un prélèvement divisé par dix des deux côtés de l’Europe.
Depuis 2021, le dispositif européen de gestion adaptative encadre le prélèvement de la tourterelle des bois sur les deux voies de migration du continent, celle qui longe la façade occidentale et celle qui traverse l’Europe centrale et orientale.
Dans son rapport publié en juillet, la Fédération indique que la chasse y a été réduite de 90%, un niveau qu’elle qualifie désormais de soutenable et qui écarte, selon elle, la menace que représentait jusque-là le prélèvement cynégétique pour l’espèce.
Tous les États membres concernés appliquent visiblement des quotas stricts, assortis d’outils de déclaration en temps réel qui permettent de suivre la progression vers le plafond autorisé et de fermer la saison dès qu’il est atteint, un dispositif que la Fédération présente comme une référence appelée à s’étendre à d’autres espèces chassables.
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Les contrôles menés sur le terrain témoignent d’un taux de respect élevé des règles par les chasseurs, ce qui n’a rien d’anecdotique quand on connaît la sensibilité du dossier dans certains pays.
Une trajectoire toujours incertaine à l’est du continent.
Sur la façade occidentale, qui concerne notamment la France, l’Espagne, le Portugal et le nord-ouest de l’Italie, la population continue sa progression, à tel point que la chasse pourra se dérouler pour la seconde année consécutive en 2026, dans des proportions aussi restreintes qu’en 2025.
Sur le flanc centre-oriental en revanche, la population ne montre pourtant aucun signe de reprise franche malgré une baisse du prélèvement proche de 90%, même si quelques indices de stabilisation commencent à apparaître ici et là.
La Fédération avance alors que l’absence de rebond démographique, alors même que la chasse a été aussi drastiquement réduite, devrait pousser à chercher d’autres causes que le tir pour expliquer le déclin persistant de l’espèce sur cette voie migratoire, citant notamment une densité de couples reproducteurs en hausse et une bonne reproduction observées notamment en Bulgarie.
La balle est donc désormais dans le camp des scientifiques et des gestionnaires de terrain, à qui il revient d’identifier ce qui, en dehors des fusils, continue de peser sur la tourterelle des bois à l’est de l’Europe. Et l’on ne peut pas vraiment donner tort à la Fédération de chasseurs quand elle rappelle que dix ans de restrictions n’ont, pour l’instant, réglé qu’une partie du problème.









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