La Fédération des Chasseurs de la Haute-Savoie a interpellé ses adhérents sur un projet d’arrêté qui viendrait retirer définitivement le lagopède alpin de la liste des espèces chassables pour le classer parmi les espèces protégées, une consultation publique restant ouverte jusqu’au 23 juillet et la Fédération nationale des chasseurs appelant chacun à y déposer un avis défavorable.
Un texte qui va manifestement au-delà de ce qu’exigeait le Conseil d’État.
Un projet de loi modifie l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés, et la Fédération savoyarde rappelle que le Conseil d’État, dans sa décision du 2 mars 2026, s’était pourtant limité à demander une suspension de cinq ans de la chasse afin de laisser le temps à la recherche scientifique de progresser, sans jamais réclamer ni un classement protecteur ni un retrait définitif de la liste des espèces chassables.
La FDC y voit donc un choix politique qui dépasse largement ce qu’imposait la justice administrative, à tel point que la Fédération parle d’un dogmatisme éloigné du strict cadre fixé par les juges.
Elle appelle donc ses adhérents et sympathisants à répondre de manière défavorable à cette consultation publique.
Des effectifs jugés encore solides malgré un déclin réel.
À l’appui de sa contestation, la fédération avance que le lagopède alpin n’est classé que « Quasi menacé » sur la liste rouge de l’UICN, loin des catégories « Vulnérable » ou « En danger », avec des effectifs nationaux estimés entre 10 000 et 26 000 individus.
Elle s’appuie également sur le bilan décennal 2010-2019 de l’Observatoire des Galliformes de Montagne, qui décrit une espèce encore largement présente dans les Alpes et les Pyrénées Françaises.
Le déclin observé serait imputable au réchauffement climatique, à la fermeture des milieux et au dérangement lié aux activités de montagne, jamais à la pratique cynégétique, déjà strictement encadrée par des plans de gestion départementaux et des fermetures automatiques en cas de reproduction insuffisante.
Même si le recul de l’espèce est reconnu, les chasseurs rappellent qu’ils participent depuis plusieurs décennies aux comptages et au suivi scientifique aux côtés des partenaires naturalistes.
La consultation publique se poursuit jusqu’au 23 juillet, et l’administration devra ensuite arbitrer entre le simple moratoire scientifique voulu par le Conseil d’État et le retrait définitif porté par le projet d’arrêté, deux options que rien n’oblige à confondre selon les Fédérations de chasseurs mobilisées.










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